3e Rencontres de Géopolitique critique du 5 au 9 février

Pour une géopolitique critique du savoir

Comment le savoir est-il produit ? Par qui ? Où ? Comment circule -t-il ?

Une géopolitique critique du savoir cherche à mettre en lumière l’historicité et la positionnalité des producteur.trices de savoirs, c’est-à-dire à éclairer qui il.elles sont et d’où il.elles parlent. Les savoirs ne sont pas neutres parce que les individus qui les produisent ne sont pas sans histoire, ni sans intention. Ce sont des savoirs situés, socialement, historiquement, politiquement, positionnés dans les rapports de force en vigueur : classe, genre, religion... mais aussi des généalogies et des héritages.

Ce travail de réflexivité n’est pas étranger aux sciences sociales ni aux méthodes de l’éducation populaire qui proposent une analyse du lieu d’énonciation afin de comprendre le point de vue des auteur.e.s, le déroulement et les orientations de la recherche. C’est une position de questionnement et d’écoute qui laisse une place au doute, nécessaire pour rendre possible le dialogue entre les différents lieux et producteurs du savoir. Dès lors, ce travail réflexif revêt d’emblée une dimension politique et épistémique.

Les échanges sur une géopolitique critique du savoir se proposent de questionner au moins deux échelles :
- le niveau global, où un eurocentrisme persistant pose les modalités d’une asymétrie fondamentale dans les relations, sous la forme de colonialités.
- le niveau local, où sont questionnés les lieux de production de savoirs à partir des expériences pour explorer les possibilités de partenariat et de méthodologies favorisant le dialogue entre eux.

Des ateliers sur les "corps pensants", les "catégories qui excluent", "le savoir au service de l’action", "Drawing experience on the move"... Une ballade pour une lecture décolonniale de la ville. Des interventions sur "décoloniser l’université", le "tout-monde de Glissant". Une exposition sur les images de la France coloniale. Une séance d’écoute dans le noir.

Programme complet sur : blog.modop.org

Information et inscription à : info@modop.org

lundi 5 février 2018

Atelier "Les corps pensants"

14h00 26 février : 16h30

Participation : sur inscription dans la limite des places possibles

Comme le postule les rencontres de géographie critique, les savoirs sont situés, et la frontière même de ce qui est désigné comme "savoirs" engage nombre de rapports de force. Or l’émotion, le sensible et le corps ont souvent été opposés à la démarche scientifique qui serait elle, d’ordre rationnelle, objectivable et intellectuelle.

En effet, nous sommes si peu coutumier d’interroger les corps dans ce qu’ils savent, qu’il est fréquent d’entendre des personnes se protéger du fait qu’ils ou elles ne « savent rien », parce qu’ils ou elles n’ont pas reçu d’enseignement scolaire par exemple. Pourtant, admettre que nous avons tous et toutes des positions situées, des « positionnalités » c’est avant tout dire que les corps prennent place dans nos relations et nos espaces sociaux.

Etre genré, racisé, minorisé, n’est-ce pas avant toute chose mettre en corps de manière plus ou moins consciente des postures conforme à ce que la société attend de nous ? Dès lors, quels sont les processus qui nous font incorporer – littéralement mettre en corps- des savoirs, au point que celui-ci soit un palimpseste de connaissances ? Qui peut parler, avec quels corps, quelles postures, quelles écoutes ? Comment comprendre l’intersectionnalité en interrogeant les corps ? Mais aussi comment trouver sa voix propre dans la multitude des discours quand certains savoirs font autorité ?

Cet atelier se propose d’interroger le corps comme lieu de savoir et le théâtre comme enquête de la complexité. Un atelier de recherche-création afin de libérer les corps pour rencontrer l’autre autrement, et débattre des rapports de force consubstantiels aux savoirs, afin qu’ils ne soient pas la réserve gardée d’une classe possédante.

Théâtre des Peupliers
lundi 5 février 2018
lundi 5 février 2018
mardi 6 février 2018
mardi 6 février 2018
mercredi 7 février 2018

Atelier "Le savoir au service de l’action"

12h00 - 14h00

Proposé par : Coline Cellier et Corentin Thermes

Entre autonomie locale des producteurs de savoirs non universitaires et responsabilité sociale des universités, l’exposé présentera à travers deux études, un travail sur la production de savoirs au service de l’action.

La première partie sera consacrée à la production de savoirs par les paysan-ne-s au sein d’un système de connaissance très hiérarchisé. A partir d’exemples de terrain, il s’agira d’introduire la notion de scènes de connaissances comme lieux et temps d’une production de savoirs basés sur l’échange et la pratique. Nous aborderons la manière dont ce processus amène à la construction de l’autonomie par et pour ces paysan-ne-s dans les territoires par la recherche de légitimation des savoirs pratiques. La seconde partie portera quant à elle sur le rôle de l’Université envers la société et questionnera tout à la fois la positionnalité des universitaires, leur engagement vis-à-vis de la société civile et les méthodes de recherches en Sciences Humaines et Sociales. Il s’agira de proposer une réflexion sur l’utilité sociale des savoirs produits et l’engagement des universitaires dans l’éducation et la recherche. En guise d’ouverture à notre propos, nous présenterons le concept de médiation-socio-scientifique comme levier dans la concrétisation de cet argumentaire.

L’exposé aura pour but d’offrir quelques pistes de réflexion sur le sujet. Une étude de cas pratique sera ensuite proposée aux participants pour enfin construire une réflexion commune sur cette thématique.

l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine, Salle des Actes
mercredi 7 février 2018
mercredi 7 février 2018
jeudi 8 février 2018

Dialogue : « Savoirs en jeu sur l’Afrique »

12h30 - 14h00

e dialogue entre Herrick Mouafo (Modus operandi) et Aboubakar Sow (Réalisateur indépendant) portera sur les lieux d’énonciation des savoirs sur l’Afrique. D’où parle-t-on ? A partir de quels terrains construit-on son savoir ? Comment la rencontre avec l’autre participe à éprouver son savoir pour orienter vers une production épistémologique qui remet en question nos certitudes ?

En empruntant au vocabulaire de Sheldon Pollock, l’imaginaire impérial européen s’est déployé dans d’autres espaces géographiques du monde, suivant une logique dominatrice qui faisait de ses savoirs, un référentiel à prétention universelle. C’est ainsi qu’ont pu être justifiées les missions civilisatrices des sociétés occidentales et qu’ont pris corps les premiers dispositifs d’« injustice épistémique ». Cet imaginaire impérial européen nous conduit à interroger les lieux d’énonciation du savoir. Les savoirs énoncés en un lieu tendent à se sacraliser ou à se fétichiser. Quand bien même nous sommes dans des espaces de rencontre, ces savoirs sont très souvent en position hiérarchique et semblent réduire le monde à leur seule grille de lecture. D’ailleurs, Bernard Dadié nous offre un raccourci saisissant lorsqu’il écrit, « … intelligence et génie ne sont pas l’apanage d’une race, d’une couleur. Or le blanc, hors de son continent, voudrait tout ramener à lui, tout subordonner à sa couleur ». L’urgence serait donc de sortir d’une conception monopolistique des ou du lieu d’énonciation du savoir pour entrevoir, comme nous le rappelle Achille Mbembé, « cette possibilité de circulation et de rencontre d’intelligibilités différentes que requiert la pensée-monde ».

L’échange prendra ancrage des enseignements issus d’une expérimentation pédagogique à l’IEP, la portée des deux premières éditions des ateliers de la pensée à Dakar ; de la pensée de J-M Ela ou de la pratique sociologique de J-M Ela.

Institut des Etudes Politiques, Amphi F
jeudi 8 février 2018
vendredi 9 février 2018
vendredi 9 février 2018

Exposé mis en scène « Guerre aux frontières. Une bataille coloniale »

12h00 - 14h30
Amphi, nouveau bât. Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine
vendredi 9 février 2018
vendredi 9 février 2018

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