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Réforme des retraites : Les personnes sans-papiers oubliées mais surexposées

Si la réforme des retraites s’attaque violemment à l’ensemble des parties les plus pauvres et discriminées de la population, les travailleur-euses sans papiers sont particulièrement touchées par celle-ci.

La réforme des retraites est une attaque violente contre les parties les plus pauvres et discriminées de la population, une offensive qui s’attaque particulièrement aux femmes et minorités de genre, aux personnes handis, aux personnes racisées ainsi qu’aux populations vivant dans les ex-colonies départementalisées (DROM-COM). En effet ces catégories de la population sont les plus exposées à la privation d’emploi, aux discriminations sexistes et racistes et donc n’ont accès qu’aux salaires les plus bas et ont bien souvent des carrières hachées et incomplètes. Sans cotisations suffisantes, ceci a pour conséquence de repousser leur départ à la retraite bien plus tard et leur ouvrir des droits à la retraite beaucoup plus faibles que la moyenne.
Si ces catégories sont donc davantage touchées, une catégorie de la population l’est d’autant plus : les travailleur-euses sans papiers.
Pourtant, les personnes privées de papiers sont totalement invisibilisées et absentes des revendications et préoccupations autour des conséquences néfastes de cette réforme des retraites.

La réforme du gouvernement qui repousse l’âge légal de départ à 64 ans et allonge la durée de cotisation à 43 ans leur rendra impossible l’accès à une retraite décente. Davantage soumis à des périodes de travail segmentées et au non-emploi, et n’ayant parfois pas de titre de séjour il est très difficile de cumuler les annuités nécessaires à l’ouverture des droits à la retraite sans décote.
De plus, les patrons profitent de leur position de faiblesse pour les exploiter de manière non déclarée et pour leur imposer des temps de travail supplémentaires non rémunérés. Pour un grand nombre également, même celleux ayant obtenu un titre de séjour ou une régularisation, leur arrivée tardive sur le territoire français à pour conséquence de les empêcher de cotiser dès le début de leur vie active.

Nous devons donc au minimum revendiquer la déconnexion du droit à la retraite à un nombre minimum d’annuités et surtout dès maintenant réfléchir en commun afin d’inventer un meilleur système qui dépasserai celui actuel incapable de garantir à toustes des conditions de vie dignes.

Les personnes sans-papiers exercent également les métiers les plus pénibles, avec des journées de travail morcelées et des charges et contraintes physiques très lourdes. Iels sont surexposées dans les risques d’accidents du travail, alors même qu’il est plus compliqué (voir impossible) pour elleux d’accéder au système de santé. Dès lors, si l’on sait que les 25 à 30% des travailleur-euses les plus pauvres de la population sont déjà mort avant 65 ans en raison de leurs conditions de travail, et que les personnes sans-papiers sont surreprésentées dans les métiers pénibles, il est évident qu’elles souffrent d’un taux de mortalité bien plus important ainsi que d’une espérance de vie en bonne santé plus faible.

Un grand nombre d’entre elleux ne sont dans tous les cas pas régularisé-es et n’ont donc pas accès au système de retraite ou au minimum vieillesse (Aspa) pour lequel il faut avoir les preuves d’un séjour régulier en France.

Nous exigeons la régularisation de toutes les personnes sans-papiers !

Par ailleurs, dans un contexte où les idées racistes d’extrême-droite s’imposent jusqu’au sommet de l’État, un ensemble de lois vient rendre plus difficile l’accès aux titres de séjour et à la régularisation. Ces difficultés, déjà accentuées par les dernières lois sur l’immigration dont la loi Asile et Immigration sous Macron qui complique les conditions d’attribution du droit d’asile, vont s’accroître si le projet de "Loi Darmanin" venait à passer. Ce projet de loi sera voté en Avril à l’Assemblée Nationale. Il facilite les expulsions, criminalise encore davantage les personnes sans-papiers et prévoit entre autres d’accorder un titre de séjour spécifique dans les « métiers en tension », rendant encore plus dépendant-es les travailleur-euses immigré-es de la volonté des patrons et réduisant l’accès aux titres de séjour pour l’ensemble des personnes exilées. Cette lutte historique contre la réforme des retraites doit permettre une mobilisation plus large contre ce nouveau projet de loi raciste.

FLED (Front de Lutte pour une Ecologie Décoloniale)

A lire aussi : Article sur infomigrants : Retraites : à quoi ont droit les étrangers en France ?

mercredi 1er mars 2023

Réforme des retraites : Les personnes sans-papiers oubliées mais surexposées

11h24 - 00h00

Si la réforme des retraites s’attaque violemment à l’ensemble des parties les plus pauvres et discriminées de la population, les travailleur-euses sans papiers sont particulièrement touchées par celle-ci.

La réforme des retraites est une attaque violente contre les parties les plus pauvres et discriminées de la population, une offensive qui s’attaque particulièrement aux femmes et minorités de genre, aux personnes handis, aux personnes racisées ainsi qu’aux populations vivant dans les ex-colonies départementalisées (DROM-COM). En effet ces catégories de la population sont les plus exposées à la privation d’emploi, aux discriminations sexistes et racistes et donc n’ont accès qu’aux salaires les plus bas et ont bien souvent des carrières hachées et incomplètes. Sans cotisations suffisantes, ceci a pour conséquence de repousser leur départ à la retraite bien plus tard et leur ouvrir des droits à la retraite beaucoup plus faibles que la moyenne.
Si ces catégories sont donc davantage touchées, une catégorie de la population l’est d’autant plus : les travailleur-euses sans papiers.
Pourtant, les personnes privées de papiers sont totalement invisibilisées et absentes des revendications et préoccupations autour des conséquences néfastes de cette réforme des retraites.

La réforme du gouvernement qui repousse l’âge légal de départ à 64 ans et allonge la durée de cotisation à 43 ans leur rendra impossible l’accès à une retraite décente. Davantage soumis à des périodes de travail segmentées et au non-emploi, et n’ayant parfois pas de titre de séjour il est très difficile de cumuler les annuités nécessaires à l’ouverture des droits à la retraite sans décote.
De plus, les patrons profitent de leur position de faiblesse pour les exploiter de manière non déclarée et pour leur imposer des temps de travail supplémentaires non rémunérés. Pour un grand nombre également, même celleux ayant obtenu un titre de séjour ou une régularisation, leur arrivée tardive sur le territoire français à pour conséquence de les empêcher de cotiser dès le début de leur vie active.

Nous devons donc au minimum revendiquer la déconnexion du droit à la retraite à un nombre minimum d’annuités et surtout dès maintenant réfléchir en commun afin d’inventer un meilleur système qui dépasserai celui actuel incapable de garantir à toustes des conditions de vie dignes.

Les personnes sans-papiers exercent également les métiers les plus pénibles, avec des journées de travail morcelées et des charges et contraintes physiques très lourdes. Iels sont surexposées dans les risques d’accidents du travail, alors même qu’il est plus compliqué (voir impossible) pour elleux d’accéder au système de santé. Dès lors, si l’on sait que les 25 à 30% des travailleur-euses les plus pauvres de la population sont déjà mort avant 65 ans en raison de leurs conditions de travail, et que les personnes sans-papiers sont surreprésentées dans les métiers pénibles, il est évident qu’elles souffrent d’un taux de mortalité bien plus important ainsi que d’une espérance de vie en bonne santé plus faible.

Un grand nombre d’entre elleux ne sont dans tous les cas pas régularisé-es et n’ont donc pas accès au système de retraite ou au minimum vieillesse (Aspa) pour lequel il faut avoir les preuves d’un séjour régulier en France.

Nous exigeons la régularisation de toutes les personnes sans-papiers !

Par ailleurs, dans un contexte où les idées racistes d’extrême-droite s’imposent jusqu’au sommet de l’État, un ensemble de lois vient rendre plus difficile l’accès aux titres de séjour et à la régularisation. Ces difficultés, déjà accentuées par les dernières lois sur l’immigration dont la loi Asile et Immigration sous Macron qui complique les conditions d’attribution du droit d’asile, vont s’accroître si le projet de "Loi Darmanin" venait à passer. Ce projet de loi sera voté en Avril à l’Assemblée Nationale. Il facilite les expulsions, criminalise encore davantage les personnes sans-papiers et prévoit entre autres d’accorder un titre de séjour spécifique dans les « métiers en tension », rendant encore plus dépendant-es les travailleur-euses immigré-es de la volonté des patrons et réduisant l’accès aux titres de séjour pour l’ensemble des personnes exilées. Cette lutte historique contre la réforme des retraites doit permettre une mobilisation plus large contre ce nouveau projet de loi raciste.

FLED (Front de Lutte pour une Ecologie Décoloniale)

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