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Retour sur le rassemblement contre Castex&Cie

Samedi 29 janvier les ministres Castex, Véran et Wargon (que nous simplifierons par Castex&Cie) se sont rendus dans les quartiers populaires des Villeneuves d’Echirolles et de Grenoble pour faire la promo de leurs politiques territoriales. Peu de gens étaient au courant de cette visite de courtoisie, la nouvelle étant sortie tardivement dans la presse. Une déambulation sous forme d’opération de communication comme le dissimule mal le 1er ministre, pour « montrer que la République s’occupe de tout le monde » , et officiellement pour faire un bilan de la politique de la ville sur les « projets de rénovation urbaine », financés pas l’ANRU (l’agence nationale de rénovation urbaine), et soutenus par les mairies, la Métropole et les bailleurs sociaux.

Une venue hypocrite et insultante, quand on sait ce que le gouvernement de Macron fait en matière de logement. Il s’agit là d’un énième foutage de gueule alors que l’Etat raciste méprise les quartiers populaires, les stigmatise, les isole et envoie sa police pour réprimer les contestations sociales. Au delà des problèmes de logement, rappelons notre haine envers cette politique antisociale, capitaliste, élitiste et autoritaire.

Plusieurs organisations dont le DAL(Droit Au Logement) avaient lancé un appel à venir se rassembler tôt samedi matin pour dénoncer la hausse des loyers suite aux réhabilitations, l’insalubrité ou encore les démolitions qui se font contre l’avis des habitant.es (un référendum montrait que 75 % des gens étaient opposés aux destruction des bâtiments de la galerie d’Arlequin - RIC oct 2019), une gestion catastrophique des travaux et le délogement de centaines de familles du quartier.

A partir de 7h, un rassemblement d’une trentaine de personnes a pris place devant « La halte de nuit », au 79 rue de Stalingrad à Grenoble, centre géré par l’association Entraide Pierre Valdo dont la gestion catastrophique des centres d’hébergement a été dénoncée dans un rapport d’enquête de 2020 par des syndicats et collectifs de travailleurs sociaux.

De grandes photos illustraient les conditions scabreuses des sanitaires et des chambres où dorment parfois 10 femmes sans-abri par chambre, afin de visibiliser les mauvaises conditions d’hébergement dans ces centres, et de réclamer des conditions dignes.

La presse, invitée, n’est pas venue (Daubé, France 3, Place Grenet..). A ce propos le DAL déclare non sans ironie : "On est samedi matin, il y a pas école aujourd’hui. Et il est apparemment trop tôt pour les journalistes".
Des slogans comme "Un toit c’est un droit", "application de la loi réquisition", étaient clamés, ponctuant des prises de paroles.

Une dizaine de femmes avec des enfants en bas âge qui dorment dans ce centre étaient présentes. Une d’entre elles s’est exprimée pour évoquer les galères rencontrées, étant contrainte de quitter le centre à 7h du matin pour n’y retourner qu’à 20h. Elle doit faire des tours en bus ou tram chaque matin pour éviter que ses enfants aient froid avant l’heure d’ouverture de l’école. Un témoignage touchant, suivi d’une description des conditions insalubres du centre : 2 douches et 2 sanitaires pour une quarantaine de personnes, des matelas de 60 cm de large censés accueillir un adulte et un enfant, à même le sol, avec des moisissures et des cafards. Sans compter les difficultés qui s’ajoutent à son parcours de vie : déboutée du droit d’asile, elle n’arrive pas à trouver un travail.

Un travailleur social a pris la parole à son tour pour critiquer le centre Pierre Valdo, avec son management autoritaire, les pratiques de gestion suivant des logiques marchandes, une dégradation de l’accompagnement, une souffrance au travail. Avec émotion il exprime qu’ils sont plusieurs à se sentir coincés dans le choix de rester travailler dans ces conditions et subir ce système, ou démissionner et abandonner les gens.

Vers 10h, un autre rassemblement a eu lieu à La Bruyère, où se trouvait Castex&Cie. On trouvait différentes organisations, des gilets jaunes, des étudiant.es et lycéen.nes, le collectif LUCSE (Lutte pour un Usage Collectif et Solidaires des Espaces), rejointes également par le DAL, mais aussi quelques antivax et Patriotes. Une petite centaine de personnes venue exprimer leur colère qui a été accueillie comme il se doit par une compagnie de CRS qui avait bouclé le quartier et empêchait de s’approcher trop près du collège et de la salle où paradait l’équipe Castex&cie. Plusieurs médias étaient cette fois bien présents.


Plusieurs chants, banderoles, et slogans se montraient critiques envers l’État : « Non aux démolitions ! » « Réquisition de Matignon, les mal-logés à l’Elysée ! »...
A la fenêtre d’un immeuble de la Galerie d’arlequin, concerné par la démolition, on a pu lire sur une énorme banderole « L’ANRU nous tue » (l’agence nationale pour la rénovation urbaine).


Malgré la grosse présence policière, un groupe d’habitant.es du quartier, connaissant bien les recoins de la galerie d’Arlequin, a réussi sans difficulté à atteindre la salle où se rendaient Castex&Cie, ainsi que quelques gilets jaunes et antivax. Iels ont réussi à les insulter et huer : "Castex en prison ! », « voyou », etc, interactions reprises en boucle et amplifiées par les médias.
D’autre part, la présence de manifestant.es, même peu nombreux.ses, aura permis d’annuler la visite des ministres du Gymnase Philippe Motte et du marché de Villeneuve, qui ont préféré changé de programme pour aller dans un centre de vaccination à Seyssins.


Vers midi, alors que les camions de GM étaient partis depuis plusieurs minutes, quelques manifestant.es ont repéré Piolle qui, en bon écolo, venait chercher son vélo (électrique), garé à côté du gymnase où se trouvait la foule. C’était évidemment l’opportunité de l’accompagner et l’encercler, sous des huées et cris, l’interpellant par rapport à sa politique de logement. Malheureusement pour lui, digne d’une scène burlesque pour les autres, les GM ne s’étaient pas préparés à ça. Ils ont alors fait demi-tour, les flics sont sortis en trombe des véhicules, mais trop tard, Piolle avait déjà pédalé au loin, ils ne lui étaient plus d’aucune aide.
N’oublions pas que la ville de Grenoble est complice de cette violence sociale, en expulsant les pauvres et en participant à la spéculation immobilière, favorisant toujours les plus riches.

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prochaine date de l’assemblée de mal logés du DAL : 13 février à 16h à la maison de la paix

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