Recours au Tribunal Administratif contre la chasse autorisée cet été en Isère

Le collectif La Nature sans se faire tirer dessus, l’ASPAS, la FRAPNA et Mountain Wilderness ont demandé au Tribunal Administratif de Grenoble la suspension de l’arrêté de Chasse du préfet autoriant la chasse tout l’été en Isère, au détriment des autres usagers et usagères de la Nature.

L’audience de référé aura lieu le mardi 31 juillet à 14h, en salle d’audience du Tribunal Administratif de Grenoble, au 2 place Verdun. Venez soutenir cette démarche par votre présence !

Voici un texte expliquant la situation :

Non, ce n’est malheureusement pas une blague. La Préfecture de l’Isère a décidé l’ouverture de la saison de chasse dès le premier juillet, et non au mois de septembre comme de coutume.

La raison officielle ? Une population trop élevée de gibier cette année, en particulier les sangliers, causant des dégâts plus importants que d’habitude aux cultures agricoles. Rappelons que ces dégâts doivent être indemnisés par les Fédérations de chasse, elles-mêmes en partie subventionnées par l’État et les collectivités locales.

Un collectif s’organise pour attaquer en justice cette décision : La Nature sans se faire tirer dessus. Les randonneurs et randonneuses, joggeurs et joggeuses, promeneurs et promeneuses, VTTistes et habitant-e-s sont invité-e-s à rejoindre cette dynamique ou à apporter des témoignages sur les craintes que l’autorisation de la chasse en été entraînent sur nos vies.

Autoriser les 18 000 chasseurs de l’Isère à agir en pleine période de vacances, quand la fréquentation des promeneurs et des promeneuses en forêt et dans les campagnes est la plus élevée, ne sera probablement pas sans conséquence.

Depuis 2014, Ici Grenoble répertorie les graves accidents de chasse en Isère :

Le 11 septembre 2016, à Beauvoir-en-Royans, deux adolescentes ont reçu des éclats de balle à la jambe et à l’abdomen alors qu’elles participaient, en tant qu’observatrices, à une battue de chasse. Le chasseur visait un sanglier. Selon lui, assourdi par une rave-party proche de la zone de chasse, il n’aurait pas entendu les membres de la battue arriver et aurait donc tiré sans respecter les consignes de sécurité. (DL, 12/09/16)

Toujours le 11 septembre 2016, à Reventin-Vaugris, un plomb de chevrotine a touché le pied d’une jeune fille qui jouait dans son jardin. Heureusement, le plomb n’a causé aucune blessure. Révoltés (et semble-t-il alcoolisés), deux riverains ont attaqué les chasseurs à coups de bâton. Selon l’enquête de police, les chasseurs respectaient les distances de tir par rapport aux habitations ’’mais le plomb aurait été dévié par le vent qui soufflait ce jour-là’’. (DL, 14/09/16)

Imaginons la situation. Vous êtes chez vous, tranquillement. Vous entendez une détonation lointaine, mais vous n’y prêtez guère d’attention. Quelques jours plus tard, en faisant le ménage dans la chambre de votre enfant, vous découvrez un impact de balle, 50 centimètres au-dessus du lit. C’est ce qui s’est passé à Renage début décembre 2016. D’après l’enquête de la gendarmerie, il s’agit d’une ’’balle perdue’’ tirée lors d’une battue à sanglier, dans une forêt près du village. La balle, de gros calibre, a probablement parcouru un ou deux kilomètres, peut-être davantage. Selon le président de l’association de chasse de Renage : ’’Les règles de tir ont été respectées, donc la seule explication que l’on voit est que la balle a dû faire un ou plusieurs ricochets avant de toucher cette maison.’’ (DL, 05/12/16)

Le samedi 10 octobre 2015 au matin, quelques semaines après l’ouverture officielle de la chasse en Isère, un jeune étudiant de 20 ans, Samuel, était tué par un chasseur près de Revel. Il démarrait une randonnée vers le massif de Belledonne, sur un large chemin forestier à Freydières. La balle mortelle a été tirée à 57 mètres de distance. Le chasseur de 60 ans "expliquera aux enquêteurs avoir tiré en voyant un chevreuil". (DL, 18/10/15)

Quelques jours plus tôt, un autre accident grave survenait à Cordéac, près d’une cabane forestière. Un chasseur "aurait fait une mauvaise manipulation et une balle serait partie, traversant une tôle de la cabane. Des éclats de tôle auraient alors blessé quatre chasseurs se trouvant à l’extérieur" Trois des chasseurs seraient "sérieusement blessés". (DL, 20/09/15)

Le 8 novembre 2014 à Succieu, un chasseur était grièvement blessé par un éclat de balle ayant "ricoché sur un arbre". (DL, 10/11/14)

Un mois plus tôt à Chélieu, un chasseur était blessé à la tête par le tir d’un autre chasseur. Ce dernier visait, semble-t-il, un renard. (DL, 12/10/14)

Un accident encore plus grave survenait fin octobre 2014 dans le marais des Avenières, lors d’une sortie organisée par le centre socioculturel du village. Un accompagnateur et un enfant de quatre ans et demi étaient blessés par des tirs. L’enfant prit notamment un plomb dans la tête, et survécut grâce à une opération chirurgicale très délicate. Le chasseur, lui, prit la fuite. (DL, 27/10/14)

Quelle est la situation au niveau national ? Entre le 1er juin 2016 et le 31 mai 2017, le réseau Sécurité à la chasse de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a comptabilisé 143 accidents en France dont 18 mortels.

Face à la gravité de la situation, plusieurs associations comme la FRAPNA et la LPO demandent quelques mesures de bon sens : l’interdiction de chasse sur les chemins fréquentés, un jour sans chasse le samedi ou le dimanche, la publication systématique des plans de chasse sur les panneaux d’affichage public, etc.

Pour un aperçu plus global des nuisances et des accidents liés à la chasse en France, nous vous recommandons Le livre noir de la chasse de Pierre Athanaze, éditions Sang de la terre, 2011.

Contact : lanaturesanssefairetirerdessus (at) tetras.org

mardi 31 juillet 2018

Recours au Tribunal Administratif contre la chasse autorisée cet été en Isère

14h00 - 16h00

Le collectif La Nature sans se faire tirer dessus, l’ASPAS, la FRAPNA et Mountain Wilderness ont demandé au Tribunal Administratif de Grenoble la suspension de l’arrêté de Chasse du préfet autoriant la chasse tout l’été en Isère, au détriment des autres usagers et usagères de la Nature.

L’audience de référé aura lieu le mardi 31 juillet à 14h, en salle d’audience du Tribunal Administratif de Grenoble, au 2 place Verdun. Venez soutenir cette démarche par votre présence !

Voici un texte expliquant la situation :

Non, ce n’est malheureusement pas une blague. La Préfecture de l’Isère a décidé l’ouverture de la saison de chasse dès le premier juillet, et non au mois de septembre comme de coutume.

La raison officielle ? Une population trop élevée de gibier cette année, en particulier les sangliers, causant des dégâts plus importants que d’habitude aux cultures agricoles. Rappelons que ces dégâts doivent être indemnisés par les Fédérations de chasse, elles-mêmes en partie subventionnées par l’État et les collectivités locales.

Un collectif s’organise pour attaquer en justice cette décision : La Nature sans se faire tirer dessus. Les randonneurs et randonneuses, joggeurs et joggeuses, promeneurs et promeneuses, VTTistes et habitant-e-s sont invité-e-s à rejoindre cette dynamique ou à apporter des témoignages sur les craintes que l’autorisation de la chasse en été entraînent sur nos vies.

Autoriser les 18 000 chasseurs de l’Isère à agir en pleine période de vacances, quand la fréquentation des promeneurs et des promeneuses en forêt et dans les campagnes est la plus élevée, ne sera probablement pas sans conséquence.

Depuis 2014, Ici Grenoble répertorie les graves accidents de chasse en Isère :

Le 11 septembre 2016, à Beauvoir-en-Royans, deux adolescentes ont reçu des éclats de balle à la jambe et à l’abdomen alors qu’elles participaient, en tant qu’observatrices, à une battue de chasse. Le chasseur visait un sanglier. Selon lui, assourdi par une rave-party proche de la zone de chasse, il n’aurait pas entendu les membres de la battue arriver et aurait donc tiré sans respecter les consignes de sécurité. (DL, 12/09/16)

Toujours le 11 septembre 2016, à Reventin-Vaugris, un plomb de chevrotine a touché le pied d’une jeune fille qui jouait dans son jardin. Heureusement, le plomb n’a causé aucune blessure. Révoltés (et semble-t-il alcoolisés), deux riverains ont attaqué les chasseurs à coups de bâton. Selon l’enquête de police, les chasseurs respectaient les distances de tir par rapport aux habitations ’’mais le plomb aurait été dévié par le vent qui soufflait ce jour-là’’. (DL, 14/09/16)

Imaginons la situation. Vous êtes chez vous, tranquillement. Vous entendez une détonation lointaine, mais vous n’y prêtez guère d’attention. Quelques jours plus tard, en faisant le ménage dans la chambre de votre enfant, vous découvrez un impact de balle, 50 centimètres au-dessus du lit. C’est ce qui s’est passé à Renage début décembre 2016. D’après l’enquête de la gendarmerie, il s’agit d’une ’’balle perdue’’ tirée lors d’une battue à sanglier, dans une forêt près du village. La balle, de gros calibre, a probablement parcouru un ou deux kilomètres, peut-être davantage. Selon le président de l’association de chasse de Renage : ’’Les règles de tir ont été respectées, donc la seule explication que l’on voit est que la balle a dû faire un ou plusieurs ricochets avant de toucher cette maison.’’ (DL, 05/12/16)

Le samedi 10 octobre 2015 au matin, quelques semaines après l’ouverture officielle de la chasse en Isère, un jeune étudiant de 20 ans, Samuel, était tué par un chasseur près de Revel. Il démarrait une randonnée vers le massif de Belledonne, sur un large chemin forestier à Freydières. La balle mortelle a été tirée à 57 mètres de distance. Le chasseur de 60 ans "expliquera aux enquêteurs avoir tiré en voyant un chevreuil". (DL, 18/10/15)

Quelques jours plus tôt, un autre accident grave survenait à Cordéac, près d’une cabane forestière. Un chasseur "aurait fait une mauvaise manipulation et une balle serait partie, traversant une tôle de la cabane. Des éclats de tôle auraient alors blessé quatre chasseurs se trouvant à l’extérieur" Trois des chasseurs seraient "sérieusement blessés". (DL, 20/09/15)

Le 8 novembre 2014 à Succieu, un chasseur était grièvement blessé par un éclat de balle ayant "ricoché sur un arbre". (DL, 10/11/14)

Un mois plus tôt à Chélieu, un chasseur était blessé à la tête par le tir d’un autre chasseur. Ce dernier visait, semble-t-il, un renard. (DL, 12/10/14)

Un accident encore plus grave survenait fin octobre 2014 dans le marais des Avenières, lors d’une sortie organisée par le centre socioculturel du village. Un accompagnateur et un enfant de quatre ans et demi étaient blessés par des tirs. L’enfant prit notamment un plomb dans la tête, et survécut grâce à une opération chirurgicale très délicate. Le chasseur, lui, prit la fuite. (DL, 27/10/14)

Quelle est la situation au niveau national ? Entre le 1er juin 2016 et le 31 mai 2017, le réseau Sécurité à la chasse de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a comptabilisé 143 accidents en France dont 18 mortels.

Face à la gravité de la situation, plusieurs associations comme la FRAPNA et la LPO demandent quelques mesures de bon sens : l’interdiction de chasse sur les chemins fréquentés, un jour sans chasse le samedi ou le dimanche, la publication systématique des plans de chasse sur les panneaux d’affichage public, etc.

Contact : lanaturesanssefairetirerdessus (at) tetras.org

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