QUELQUES NOTES SUR L’OPERATION REPRESSION DU 10/06/2020

https://www.passamontagna.info/?p=1631&lang=fr

Oui, nous avons occupés. Nous avons occupé le sous-sol de l’église de Claviere. Et quand ils nous ont expulsé, nous sommes entrés dans l’ancienne Casa Cantoniera di Oulx.

Nous avons pris l’espace nécessaire pour nous rencontrer, nous parler, nous organiser. Contre les frontières. Contre les systèmes d’exploitation et de sélection qui les soutiennent. Pour porter une solidarité active à toutes ces personnes qui se trouvent discriminées, différenciées, constamment rackettées pour l’obtention d’un bout de papier, d’un État qui les massacre et du capital qui les exploite.

Nous avons occupé. Nous l’avons fait et nous le revendiquons.

Et nous sommes toujours là. La Casa Cantoniera existe toujours et la lutte à la frontière est bien plus large que les 24 personnes impliquées dans l’enquete pour occupation et les 17 personnes qu’ils tentent de chasser.
Des centaines et des centaines de personnes de tous les continents ont traversé ces espaces.
Certaines, indépendemment du fait qu’ils aient des documents ou non, déterminées à choisir où et comment vivre, d’autre pour combattre ce système d’exploitation, d’exclusion et de différenciation.

Chacun y a trouvé un espace pour s’organiser. Un espace pour manger, dormir, s’équiper pour partir, et du temps pour décider quoi faire. Un espace pour élaborer des discussions, proposer des initiatives, des manifestations, des cortèges, des cinéforum. Sans chantage. Hors des jeux politiques, hors des circuits économiques, réellement autonomes et indépendants.

Dans un territoire massacré par les infrastructures de transport, et par la construction tant appellée d’un TAV pour aller de plus en plus vite, les frontières faites de gardes et de gendarmes bloquent et tuent celleux qui sont obligées de marcher dans les montagnes pour continuer leur vie. Les marchandises passent rapidement et sans problème, ceux qui n’ont pas de papiers risquent de mourir chassés par la police.

Entre hier et aujourd’hui, les Carabinieri ont tenté de notifier avec insistance (parfois sans succès) 17 interdictions de séjours dans les communes de Oulx, Claviere, Bardonecchia, Cesana, Salbertrand. Accusation : occupation en réunion de la Casa Cantoniera de Oulx.

On peut lire entre les lignes la justification de ces mesures comme de la prévention à une possible réoccupation après l’expulsion de la Casa, qui semblerait imminente.

Ils nous accusent d’avoir exploité le « phénomène migratoire » dans la haute vallée de Suse, d’avoir fait des actions de propagande politique, d’avoir favorisé le franchissement illégal de la frontière des « migrants », mettant leur vie en danger. Comme si les gens avec lesquels nous nous sommes organisés pendant deux ans, riaient, plaisantaient, parlaient, pleuraient, étaient des mannequins sans défense, des objets sans choix. Même sur les torchons que les carabinieri nous ont remis ce matin, l’état infantilise et rend passif les choix autonomes de personnes qui, du reste, savent très bien où elles veulent aller. Nous renvoyons les accusations à l’expéditeur : personne ne serait obligé de risquer sa vie s’il n’était pas poursuivi par un système qui ne fait que sucer et cracher, s’il n’y avait pas de frontières et pas de papiers.
Les assassins sont les États, leurs frontières, leurs flics. Et pour eux, nous entretenons notre haine.

Mais un seul délit nous est formellement reproché : l’occupation. Cette opération crée un précédent historico-juridique en ce qui concerne la pénalisation de cette pratique, qui a toujours été un instrument précieux de tous les mouvements de lutte.

Tout crime dont la peine maximale est supérieur à 3 ans peut impliquer la demande de mesures préventives. Avec le dernier décret de sécurité jaune-vert, le délit d’occupation prévoit des peines allant de 2 à 4 ans. Avec la circonstance aggravante, prévue si le crime est commis ou organisé par 5 personnes ou plus, la mesure préventive est justifiée.
L’Italie s’aligne sur l’Europe du Nord, en essayant d’éliminer les espaces d’auto-organisation. Et si maintenant ils peuvent aussi retirer des groupes de camarades des territoires où ils vivent et se battent pour une simple occupation, que cette réflexion devienne plus collective. Nous invitons chacune à réagir, à sa manière, pour défendre cette pratique.

Dans ce contexte historique, et plus encore en cette période de pandémie, le contrôle a accru son emprise sur nos vies ; les instruments répressifs ne font que se perfectionner pour faire taire toute forme de lutte et de pratique autonome.

Le décret salvini s’attaque aux fondements mêmes de la solidarité.

Nous ne laisserons pas nos pratiques être freinées de quelque manière
que ce soit.
Une expulsion ? Cent occupations !

PS – Dans toute cette merde, au moins une chose nous fait sourire : les flics et les journalist.e.s sont étonnés de la présence massive des femmes dans la lutte contre les frontières.

En fait, c’est vrai : nous sommes nombreuses, nous sommes énervées et nous le serons de plus en plus.

OCCUPONS BEAUCOUP, OCCUPONS TOUT


QUALCHE APPUNTO SULL’OPERAZIONE REPRESSIVA DEL 10/06/2020

(english above)
https://www.passamontagna.info/?p=1628

Si, abbiamo occupato. Abbiamo occupato gli scantinati della chiesa di
Claviere. E quando ci hanno sgomberati siamo entrati nella ex-casa
cantoniera di Oulx.

Ci siamo presi degli spazi che erano necessari per incontrarci,
parlarci, organizzarci. Contro le frontiere. Contro i sistemi di
sfruttamento e selezione che le necessitano. Per portare solidarietà
attiva a tutte quelle persone che si ritrovano discriminate,
differenziate, sotto il continuo ricatto per ottenere un pezzo di carta,
di uno stato che le massacra e del capitale che le sfrutta.

Abbiamo occupato. Lo abbiamo fatto e ce lo rivendichiamo.

E siamo ancora qui. La casa cantoniera esiste ancora e la lotta alla
frontiera è molto più ampia dei 24 indagati/e per queste occupazioni e
delle 17 persone che stanno cercando di cacciare via.
Centinaia e centinaia di persone da ogni continente hanno attraversato
questi spazi.
Chi, indipendentemente dal possesso o meno dei documenti, determinato a
scegliere dove e come vivere, chi per lottare questo sistema di
sfruttamento, esclusione e differenziazione.

Tutti vi hanno trovato uno spazio per organizzarsi. Uno spazio per
mangiare, dormire, attrezzarsi per partire, e il tempo per scegliere
cosa fare. Uno spazio per elaborare discussioni, proporre iniziative,
manifestazioni, cortei, cineforum. Liberi da ogni ricatto. Fuori dai
giochi politici, fuori dai circuiti economici, davvero autonomi e
indipendenti.

In un territorio massacrato dalle infrastrutture dei trasporti, e dalla
tanto ricercata costruzione di un Treno ad Alta Velocità per muoversi
sempre più in fretta, le frontiere fatte di guardie e gendarmi bloccano
e fanno morire chi si trova costretto a camminare in montagna per
continuare la propria vita. Le merci passano veloci e senza problemi,
chi è senza documenti rischia di crepare inseguito dalla polizia.

Tra ieri e oggi i carabinieri hanno provato a notificare con insistenza
(in qualche caso senza riuscirci) 17 divieti di dimora da Oulx,
Claviere, Bardonecchia, Cesana, Salbertrand. Accusa : occupazione in
concorso della Casa Cantoniera di Oulx.

Tra le righe si giustifica l’esigenza cautelare come prevenzione a una
possibile rioccupazione dopo lo sgombero di della casa cantoniera, che
sembrerebbe imminente.

Ci accusano di aver strumentalizzato il fenomeno migratorio in alta
Valle Susa, di aver fatto azioni di propaganda politica, di aver
favorito l’attraversamento illegale del confine dei “migranti”, mettendo
in pericolo la loro vita. Come se le persone con cui per due anni ci
siamo organizzati, abbiamo riso, scherzato, parlato, pianto, fossero dei
manichini inermi, oggetti privi di facoltà di scelta. Anche sulla carta
straccia che i carabinieri ci hanno consegnato stamattina, lo stato
infantilizza e rende passive le scelte autonome di chi, del resto, sa
benissimo dove vuole andare. Rimandiamo le accuse al mittente : nessuno
sarebbe costretto a rischiare la vita se non fosse inseguito da un
sistema che non fa altro che succhiare e sputare, se non esistessero
confini e documenti. Gli assassini sono gli stati, le loro frontiere, i
loro sbirri. E per loro, continuiamo a serbare il nostro odio.

Ma il reato contestato veramente è uno : l’occupazione. Con questa
operazione si crea un precedente storico-giuridico rispetto alla
penalizzazione di tale pratica, da sempre strumento prezioso di tutti i
movimenti di lotta.

Qualunque reato abbia un massimale che vada sopra ai 3 anni può
prevedere la richiesta di misure cautelari. Con l’ultimo
decreto-sicurezza giallo-verde, il reato di occupazione prevede pene dai
2 ai 4 anni. Con l’aggravante in concorso, prevista se il reato è
compiuto o organizzato da 5 o più soggetti, viene giustificata la
misura. L’Italia si allinea al nordeuropa, cercando di eliminare gli
spazi di autorganizzazione. E se ora possono allontanare anche gruppi di
compagnx dai territori dove vivono e lottano per una semplice
occupazione, che questa riflessione diventi più collettiva. Invitiamo
chiunque a reagire, a suo modo, in difesa di questa pratica.

In questo contesto storico, e ancora di piu in questo periodo di
pandemia, il controllo ha aumentato la sua stretta sulle nostre vite ;
gli strumenti repressivi non fanno che perfezionarsi per azzittire ogni
forma di lotta e pratica autonoma.

Il decreto salvini attacca le basi stesse della solidarieta.

Non lasceremo che le nostre pratiche vengano arginate in nessun modo.
Uno sgombero, 1000 occupazioni !

Ps-in tutta questa merda, almeno una cosa ci fa sorridere : sbirri e
giornalistx sottolineano stupitx la massiccia presenza femminile nella
lotta contro le frontiere.

In effetti è vero : siamo tante,siamo incazzate e saremo sempre di più.

OCCUPIAMO TANTO, OCCUPIAMO TUTTO


IN ENGLISH - https://www.passamontagna.info/?p=1634&lang=en

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