Petit récit de la soirée du 9 Mai au campus

Article relayé de Grenoble en lutte

Anti-blocages pacifiques face à la minorité radicalisée violente : petit récit de la soirée du 9 Mai au campus

Bien loin du récit héroïque des valeureux débloqueurs du CLV (Centre de Langues Vivantes) ayant fait face à la minorité violente des opposant.e.s à la loi ORE, la soirée du 9 Mai fut surtout celle de la question de la montée des tensions, et de la pertinence d’une action.

Tout au long de la journée, plusieurs screens des anti-blocages ont fuité sur le net, les étudiant.e.s, professeurs et membres du personnel mobilisé.e.s face à la loi ORE sont alors prévenus des événements possiblement prévus dans la soirée.

Vers 22h30, plusieurs débloqueurs se rendent au CLV dans le but de prévenir les étudiant.e.s mobilisé.e.s (oui oui) que la situation a échappé à leur contrôle, que l’action de ce soir n’est pas ce qu’ils comptaient faire à la base, et qu’ils ne veulent pas être tenu pour responsable de ce qui risquerait de se passer. Face à la possible montée des tensions dénoncée elle même par des opposants aux blocages, la sécurité du Campus est alors prévenue par les étudiant.e.s mobilisé.e.s, dans le but d’éviter les heurts. Un agent de sécurité se poste même devant le CLV.

Aux alentours de 2h du matin, une vingtaine d’anti-bloqueurs se présentent sur le campus, certains cagoulés et armés de batons, en hurlant et en faisant un maximum de bruit. Après plusieurs insultes à caractère homophobes ou sexistes ils repartiront finalement la queue entre les jambes.

Cette petite action pose plusieurs questions :
- Quel était le but de venir « débloquer » un bâtiment occupé la veille d’un jour férié, sinon d’augmenter les tensions et chercher à communiquer ensuite sur la « violence » des étudiant.e.s mobilisé.e.s ?
- Quelle était la pertinence de le faire en pleine nuit, cagoulés et armés de bâtons, en hurlant des insultes, après les violents événements ayant eut lieu à Montpellier ou dans d’autres facs de France (plusieurs blessés graves à coups de lattes de bois ou de taser) ? Quel était le but d’utiliser les même techniques que celles employée par les mouvances d’extrême droite sur les campus de France, et de se plaindre d’être confondu avec eux et accueillis comme tel, sinon une stratégie de buzz pouvant amener à une situation qui dégénère et de possibles blessés des deux côtés ? Surtout que dans la même journée à Paris, des membres de l’Action française investissaient le campus de Paris IV.

[EDIT] : le 10 mai, une voiture fonce sur les étudiant.e.s mobilisé.e.s au CLV. Pas de blessés.

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