Fin de la trêve hivernale : où en est-on ?

Le jeudi 30 mars 2017, la ministre du logement et de l’habitat durable s’est exprimée dans un communiqué de presse, affirmant que l’augmentation des crédits alloués à la pérennisation des places d’hébergement cette année devraient permettre d’atteindre l’objectif « zéro sortie d’hébergement hivernal sans proposition ».
Pourtant, à ce que nous savons, au moins une trentaine de personnes ont été mises à la rue le 31 mars dans l’agglomération grenobloise.
Le 1er avril, au moins une quarantaine de familles étaient menacées de se retrouver dehors à la suite de la fin de prise en charge dans les hôtels. Ce dispositif, pourtant critiqué de toute part (coût, impossibilité de se faire à manger, isolement) permet aux pouvoirs publics d’invisibiliser et de se dédouaner de l’expulsion en cessant de payer les nuits d’hôtels, renvoyant
donc la responsabilité de l’expulsion au personnel hôtelier, souvent lui-même précaire.
Lundi 3 avril, encore de nombreuses personnes et familles étaient menacées d’expulsions dans le centre de Pont-de-Claix et dans les foyers ADOMA de Seyssinet-Pariset, Saint-Martin d’Hères et Grenoble. Une vingtaine de personnes ont aussi été mises à la rue à l’hôtel Alizé, suite à la fin de la prise en charge des nuits d’hôtels, et se sont retrouvées devant l’hôtel avec toutes leurs affaires. De nombreuses personnes se sont retrouvées dans la même situation dans les autres hôtels les jours suivants.
Dans les foyers Adoma et dans les hébergements de l’Adate, de l’Arepi et de la Relève, des pressions (de la part des directions et des travailleurs sociaux) ont été exercées sur les personnes hébergées pour qu’elles rendent les clefs et quittent leur logement, avec la menace d’appeler les forces de l’ordre et de mettre en danger les personnes sans papiers, alors même que la plupart n’ont aucune proposition de relogement et qu’une expulsion serait illégale sans décision de justice préalable. Les pressions et menaces ont pu aller jusqu’à des changements de serrures de personnes qui s’étaient absentées ponctuellement, pratique qui a déjà eu lieu par le passé.
Concernant le logement, les dispositifs mis en place par le gouvernement (renforcement du rôle de la CCAPEX, maintien des APL pour les ménages de bonne foi, timide volonté d’appliquer la loi DALO) ne sont pas suffisants face au constat que le nombre d’expulsions locatives a encore augmenté. Parallèlement, des propriétaires-voyous se sentent en droit d’effectuer des expulsions illégales, entrant dans les domiciles pour en tirer dehors les personnes manu militari.
Toute tentative de prévention des expulsions ne suffira pas tant que le mal n’est pas pris à la racine : seule une baisse des loyers et des charges pourra faire respirer les familles mises en difficulté et baisser le nombre de mises à la rue.

De nombreuses personnes menacées d’expulsion de leur hébergement ou de leur logement ont décidé de résister et de refuser de partir, avec le soutien d’associations, de collectifs ou de voisin.e.s. Toutes ont été la cible de pressions et de menaces de la part des hébergeurs ou des bailleurs sociaux. Certaines pourtant continuent aujourd’hui à résister et ne rendront pas les clefs tant qu’une solution d’hébergement pérenne ne leur sera pas proposée. Des familles expulsées de Pont de Claix ont même décidé de revenir sur le centre pour y dormir, avec des soutiens, mais elles en ont été expulsées manu militari le lendemain.

Les services de la préfecture concernés et la DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) ne donnent aucune information et aucune réponse aux associations et collectifs.

Baisse des loyers et des charges !
Arrêt immédiat de toutes les expulsions !
Réquisition des bâtiments et logement vides !

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