[Ahwahnee] Cinéma enragé japonais

A Ahwahnee nous continuons cet été les projections quand on en a la motive (ou que des gens extérieur au collectif propose des films). Et parce que toute l’année on a projeté moult documentaires, pendant les grandes vacances on est plutôt porté par le cinéma bizarre, de mauvais goût, voire nanardesque.
(on précise bien que l’on n’est ni des experts du cinéma, ni des puristes du film bizarre et que l’on a pas la prétention d’avoir un regard avisée sur ce que l’on projettent.

Pour cette projection du 19 Août, on s’intéresse à une vague contestataire du cinéma japonais.

Ouverture des portes à 20h, film à 22h
Il n’y aura pas de repas proposé mais on essayera de faire des boissons fraîches.

Si comme nous vous en avez marre de la "monoforme" cinématographique [1] on se disait qu’on pouvait allé voir du côté du japon où la monoforme était jusque dans les années 2000 moins prégnante dans les productions nationale.
Cette vague de réalisateur souvent dénomé "génération post-kitano" [2] ou encore "cinéma enragé" [3] se caractérise souvent par des engagements artistico-politique et une nette filiation à l’anarchisme et/ou à la mouvance punk.
Cette vague de cinéastes (en faite la deuxième) est apparut pendant une période de crise de l’industrie du cinéma au japon dans les années 90 où seul les blockbusters américains faisait recette.
Ces cinéastes [4] crééent alors leur propre boîte de prod et réalisent leur premiers films avec très peu de moyen mais de grosse ambition. C’est pour cette raison que l’on flirt de temps en temps avec le nanar.
Ce qui caractérise aussi cette mouvance, c’est l’envie de tout dynamiter : des codes cinématographiques, aux tabous japonais, en passant par des formes narratives...tout y passe. Et vu que la plupart de leur films ne sortaient même pas dans les salles mais directement en VHS, il n’y avait pratiquement pas de pression financière.
Enfin cette vague de cinéaste ne sort pas de nulle-part, on pourrait cité le cinéma "angura" (pour "underground") des années 70 ou encore des films comme L’Enfer (Jiburo) de Nobuo Nakagawa en 1960 [5].

ATTENTION : certaines scènes pourront choqués par leur violence ou les rôles dévolues aux femmes ainsi que par des scènes de sexes non consenties. Nous diffusons bien entendu ces films, non pour cela, mais parce qu’ils sortent de la monoforme filmique et que nous estimons que le public sera faire la part des choses. Il y a moyen de passer à Ahwanee en discuter et de donner les films pour que les gens s’en fasse une idée avant.

Ahwahnee est un squat de vie et d’activité ouvert depuis environ 3 ans dans un quartier en passe d’être gentrifié avec le projet titanesque de la "ZAC Flaubert".
On y vit et résiste. Tu peux passer tout l’été, faire un tour dans le magasin gratuit, faire une lessive ou boire un thé.

Programme de la soirée :

- Tetsuo, the iron man de Shinya Tsukamoto (1h07, 1989, NB) : Premier long-métrage de Tsukamoto, fait à partir de bouts de métal trouvés dans les décharges. Le réalisateur-acteur à mis 2 ans à faire son film. Vers la fin il a terminé tout seul pour le montage tellement personne croyait en arrivé au bout. Film autofinancé en 16mn. Film qui lança la vague cyberpunk au japon.

- IZO de Takashi Miike (2h, 2004) En 1865, Izo, un guerrier, est capturé et crucifié. Mais sa fureur l’empêche de mourir et le propulse à travers l’espace-temps où il est devient un "tenchu", une âme errante. Izo incarne au Japon la figure du samouraï de légende, à la fois sanguinaire et lame hors-paire. Cette version de Miike est complètement punk et sanglante, elle montre les contradictions de la société japonaise jusqu’à l’absurdité totale. La BO acide-punk est magnifique. Filmé avec très peu de moyen. C’est un peu la clôture de cette vague japonaise...on est déjà dans les années 2000.

Et si le coeur vous en dit (ou pour une autre fois)

- House (Hausu) de Wobuhiko Obayashi (1977, 1h28). Le film commence comme un sitcom, avec des couleur flashy et des décors en carton pâte et se transforme petit à petit en film d’horreur. Film à la fois naïf et grotesque (les actrices jouent mal et le font expres) chaque scène du film est une expérience sensorielle proche du clip psyché.

- Electric Dragon 80000 volts de Sogo Ishii (55min, 2001, NB) c’est un peu le power ranger du punk. Sogo Ishii, habitué des expériences filmiques anarcho-punk signe un truc un peu plus conventionnel mais du coup regardable.

Notes

[1c’est Peter Watkins qui dévellope se concept comme étant la forme cinématographique dominante issu des studio holywoodien (voir : ici)

[2La génération post-Kitano : les nouveaux révoltés du cinéma japonais", mémoire de master 1 de Mehdi CAROFF disopo ici

[3voir le livre de julien sévénon "le cinéma enragé au japon" (lien ici)

[4tous des mecs, et d’ailleurs le féminisme n’est pas du tout leur tasse de thé, ce qui est parfois génant, d’autant plus qu’au japon la violence est souvent érotisée et qu’il n’y a aucune réflexion sur la culture du viol ou le sexisme en général.

[5voir ici

lundi 19 août 2019

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