ACTIS expulse une famille nombreuse dans le centre-ville de Grenoble, rendue « indésirable » par des propriétaires acharnés

Ils étaient seuls locataires HLM dans un immeuble de propriétaires géré par l’agence Audras-Delaunoy, situé dans le centre-ville de Grenoble. CES DERNIERS SONT MOBILISÉS DEPUIS DES ANNÉES POUR OBTENIR L’EXPULSION DE CETTE FAMILLE MODESTE : c’est désormais chose faite après leur mise à la rue hier matin par la police, laissant cinq enfants et deux parents désemparés sur le carreau.

Actis a invoqué des « troubles de voisinage » répétés, POURTANT LE JUGEMENT DU TRIBUNAL LAISSE ENTREVOIR UN ACHARNEMENT DES PROPRIÉTAIRES : une pétition, des relevés quotidiens des « exactions » des enfants (jeux, bruits de course - il est noté par ailleurs que le plancher en bois est fin et l’isolation phonique quasi-nulle), une attaque en justice - déboutée, plusieurs plaintes - sans suite.
Les faits de nuisances relevés concernent essentiellement les enfants, dont beaucoup sont en bas âge... fallait-il les attacher ? Ou FAUT-IL COMPRENDRE QUE LA FAMILLE « PASSAIT MAL » DANS LE QUARTIER et dans l’immeuble, stigmatisée comme « la famille nombreuse au nom de famille à consonance étrangère et locataire HLM ? » dans un immeuble de propriétaires « bien sous tout rapport » ?

LE MAIRE DE GRENOBLE, AU COURANT DE LA SITUATION, A LAISSÉ FAIRE ET LEUR A REFUSÉ PAR LA SUITE UNE MISE À L’ABRI temporaire en attendant qu’ils retrouvent un logement stable.

La municipalité a donc cédé AUX PROPRIÉTAIRES (rappelons que M. Delaunoy est aussi président de l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers 38, et avait exigé et obtenu l’annulation en justice de
l’arrêté anti-expulsion), À LA DROITE (MM. Carignon et Chamussy étaient montés au créneau cet été, surfant sur la polémique), et à la RÉPUBLIQUE EN MARCHE (Mme Chalas a écrit à la préfecture pour hâter l’expulsion de la famille), sans même proposer de relogement préalable à l’expulsion forcée. UNE FOIS DE PLUS, LES POLITIQUES RÈGLENT LEURS COMPTES SUR LE DOS DES PERSONNES MODESTES.

Quant à la voisine à l’origine de « l’affaire » en menaçant cet été d’une grève de la faim si la famille n’était pas jetée à la rue, ELLE DOIT ÊTRE SATISFAITE ET AINSI CONTINUER LA MISE EN LOCATION DE SON APPARTEMENT CHEZ AIRBNB, Abritel et Booking.com, pour la bagatelle de 150e la nuit ! Gageons qu’avec l’expulsion des « indésirables », elle pourra même augmenter ses prix...
Cette expulsion est révélatrice d’une certaine conception de la « mixité sociale » et du « vivre-ensemble » prônée par la municipalité :

- Dans les quartiers populaires, on l’invoque pour chasser les classes populaires et faire de la place aux classes aisées.
- Dans les quartiers riches, on expulse les locataires modestes pour ne pas incommoder les propriétaires, qui continuent ainsi d’augmenter leurs profits tirés de la rente locative.

Suite à la mobilisation du 19 septembrer à la mairie et après avoir été reçu, nous avons obtenu un relogement temporaire de trois semaines, renouvelable si nécéssaire, en attente d’un relogement définitif en HLM, dès que possible.

La mairie semble avoir entendu l’injustice de la situation, et le statut de "victime de la mixité sociale" de la famille E.

A noter qu’aucun journaliste ne s’est présenté à la conférence de presse, alors qu’aucun n’avait donné la parole aux locataires, mais toujours aux propriétaires, à actis et à la mairie (ainsi qu’à MM.Carignon, Chamussy et MMe Chalas). Nous allons donc nous battre pour que cette famille puisse donner leur version des faits, relater les événements tels qu’ils les ont vécu et retrouver la dignité qui leur a été arrachée dans cette terrible affaire.

Merci à toutes celles et ceux qui se sont mobilisées et à bientôt dans les luttes

le DAL

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