11 mai : déconfinement pour certain.e.s, expulsions pour d’autres ?

Veuillez trouver ci-dessous un communiqué de presse de plusieurs associations. Il aborde les situations que les associations ont pu constater au quotidien dans les centres d’hébergement d’urgence et le devenir des personnes hébergées face au déconfinement.

Si vous souhaitez plus d’informations :
lutte-hebergement-grenoble@riseup.net
Contact presse : 07 53 91 18 74.

Communiqué de presse samedi 9 mai 2020, 54ème jour du confinement

11 mai : déconfinement pour certain.e.s, expulsions pour d’autres ?

La date du 11 mai est pour beaucoup synonyme de retour à la vie normale, mais pour d’autres, elle signifie sûrement un retour à la rue imminent. Pourtant depuis 11 mai, le virus se propage toujours.
Il aura fallu attendre la pandémie pour que la préfecture de l’Isère ouvre des places supplémentaires pour loger des personnes à la rue mais, comme à son habitude, pas en nombre suffisant.
Dans ce cadre, plusieurs dizaines de familles à la rue ont été hébergées en urgence suite à l’annonce du confinement.

D’autres familles, déjà hébergées dans le cadre du dispositif hivernal, ont été déplacées dans des hôtels. C’est le cas des familles qui ont été déménagées de Pont de Claix (elle vivaient dans des bungalows) pour transformer le site en centre COVID pour personnes sans-abris.
D’autres jugées comme les plus vulnérables, vivant dans des centres d’hébergement aux conditions sanitaires déplorables (voir les précédents communiqués) ont été déplacées dans des hôtels.

Certes, cela constitue une amélioration des conditions de vie mais les personnes n’ont toujours pas accès à des services de base : cuisine, machine à laver, produits d’hygiène plus que jamais nécessaires.

En ce qui concerne l’accompagnement social, déjà avant le confinement, une travailleuse sociale témoignait de la situation :
" Toutes les démarches, même concernant les droits primaires (tels que la couverture santé), d’insertion et de recours administratifs sont rendues difficiles du fait d’un cruel manque de moyen mais surtout de la volonté des pouvoirs publics qui financent ces dispositifs.
Notre accompagnement social est réduit par injonction au strict minimum."
" Nous assistons, impuissant.es, à la déshumanisation irréversible de ces familles à qui l’on promet monts et merveilles des mois durant, qui se retrouveront demain à la rue avec leurs effets personnels. Les familles en sont réduites à leur statut, un numéro d’identification, un profil « intégrable » pour certains, lorsque d’autres n’auront pas même la chance de défendre leurs droits jusqu’au bout. "

La situation a empiré depuis le confinement. Dans plusieurs centres d’hébergement d’urgence, des personnes hébergées ne peuvent pas avoir de suivi social à la hauteur de leurs besoins, voire n’en ont aucun tel qu’ aux centres d’hébergement de Marie Reynoard et Perce neige.

La mise à l’abri par la préfecture est de courte durée puisque les contrats s’arrêtent le 31 mai, et devait même s’ arrêter initialement le 11 mai, date officielle de la fin du confinement. Cette date a été récemment reportée au 31 mai. Les personnes hébergées n’ont pas toutes été informées de cette prolongation, ou alors très tardivement, les laissant avec la peur quotidienne d’une remise a la rue imminente.

De plus aucune information n’a été transmise aux personnes sur la suite de leur hébergement.

Toute remise à la rue serait illégale puisque la loi sur la continuité de l’hébergement (article 4 de la loi no 2007-290 du 5 mars 2007) stipule : « Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. »

Confinement ou pas, personne ne peut vivre à la rue.

Nous n’oublions pas que nous ne sommes pas égaux face au confinement, ni au déconfinement ! La situation que les personnes hébergées vivent aujourd’hui à Grenoble est le résultat de la politique capitaliste, raciste et néolibérale du gouvernement actuel. Un gouvernement qui s’illustre depuis le début de la crise par des mesures floues et des décisions contradictoires.

Mais l’objectif est toujours clair : casse des services publics, privatisation de l’hôpital, répression des personnes vivant dans les quartiers populaires et violences policières, destruction croissante des droits des travailleur-euse-s au profit du patronat.

Le gouvernement nous parle de guerre et d’unité nationale, mais nous ne sommes pas dupes et nous savons que l’unité nationale et le déconfinement sont au service du capitalisme et que la guerre se fait contre les pauvres.

Signataires :
Lutte-Hébergement-Grenoble, CNT38, Mme Ruetabaga, Solidaire Isère, LIFPL, RUSF38, CGT
Sans-Papiers, FSU38, CISEM, CIIP, LDH Isère, AG des travailleur.ses sociaux

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