victoire contre la traite des êtres humains pour quatre bûcherons marocains de l’Indre !

Recrutés depuis le Maroc par leur employeur comme bûcherons saisonniers, avec la promesse d’un CDI au Smic et d’un titre de séjour pérenne, ils ont été surexploités dans des conditions de travail épouvantables pendant des mois dans le Village d’Aigurande (Indre).

Payés de 100 à 200 euros par mois, d’une demi-baguette et l’eau du ruisseau en guise de déjeuner, surnommés par des noms d’animaux (« le chien » et « l’âne ») par leur employeur, ils ont vécu l’enfer.
Celui-ci les faisait travailler 10 à 12h par jour en semaine comme bûcherons sans aucune protection, avec une seule pause quotidienne de 20 minutes puis les faisait travailler comme maçons le week-end dans son local commercial.
Après plusieurs mois où ils se sentaient tenus par la peur, le 21 mai dernier, ils osent réclamer une nouvelle fois leurs salaires, l’employeur force la porte de l’appartement qu’il leur sous-louait et déchirent tous leurs papiers. Ils se retrouvent contraints à dormir sur le parking du village.
Et là, une formidable solidarité se met en place : les villageois et les camarades de l’Union départementale CGT de l’Indre s’organisent collectivement et leur viennent en aide concrètement.
Les salariés gagnent en référé aux prud’hommes le 23 août et déposent plainte pour Traite des êtres humains dans le milieu du travail.
Après plusieurs semaines de silence préfectoral, toute la CGT (UD, Fédération Agro-alimentaire et Confédération) appuie la demande de régularisation des camarades par une carte de séjour, légalement délivrée dans le cadre d’un dépôt de plainte pour Traite. Les salariés ont enfin retiré vendredi à la Préfecture de Châteauroux leur premier récépissé de six mois autorisant le travail (sans conditions), dans l’attente de leur carte d’un an Vie Privée et Familiale.
Le combat continue toujours au pénal pour faire reconnaître la Traite des êtres humains dans le milieu du travail. Le récent jugement reconnaissant la Traite des êtres humains pour les coiffeuses de Château d’Eau permettra, nous l’espérons, de reconnaître plus facilement ce délit dans le milieu du travail ; délit qui se caractérise par une action (le recrutement ici), un moyen (la tromperie ici : des promesses de rémunérations ou d’avantages qui ne sont pas tenues) et une finalité : l’exploitation (ici par le biais de conditions de travail et/ou d’hébergement indignes).
C’est une formidable première victoire de nos quatre camarades marocains, du collectif de villageois qui s’est constitué et de notre CGT unie, coordonnée et donc plus forte !
Rappelons toujours que ce qui place nos camarades travailleurs migrants en situation de vulnérabilité et les rend victimes de conditions de travail contraires à la dignité humaine, voire de Traite des êtres humains, c’est l’absence de droits (sans-papiers) ou la précarité de ces droits (saisonniers ou détachés), liée au durcissement inacceptable des politiques migratoires !
Une seule solution : l’égalité des droits et de traitement entre travailleurs français et immigrés dès l’arrivée sur le territoire !

Montreuil, le 17 septembre 2018

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