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Rando-manif à la Clusaz : pas une bassine de plus !

Le Toto média à la montagne

Ce samedi, à la Clusaz en Haute-Savoie, a eu lieu une rando-manif écolo dans le cadre des « soulèvements de la terre ». Au delà de la forme de la manifestation ou de ses revendications, ce qui a marqué est l’ampleur du dispositif policier. Tout ça pour protéger … une bâche posée au fond d’un trou.

Quelques éléments de contexte : la Clusaz est une station de ski, et comme toutes les stations de ski a l’aire du réchauffement climatique, elle doit faire face à une baisse de l’enneigement naturel. Pour compenser et conserver le plus longtemps possible la manne touristique, elle a décidé d’installer des retenues d’eau pour alimenter une batterie de canons à neige. Au grand dam des écologistes qui espéraient les voir mourir le plus vite possible et sans défigurer la montagne et qui ont appellé a une manifestation. Ces retenues d’eau sont faites sur le même principe que les méga-bassines utilisées par les gros agriculteurs : on creuse un trou et on pose une bâche au fond de façon à obtenir une piscine de très grande taille (quelques dizaines de piscines olympiques). Petit problème, si la coûteuse bâche est endommagée, la piscine n’est plus étanche et il faut la changer.

Le samedi matin, quatre promenades pédagogiques sur différents thèmes sont prévues par les organisateurices, mais bien peu de personnes peuvent arriver à l’heure pour y participer. En effet, la préfecture met en place un impressionnant dispositif policier. Une réquisition pour des contrôles d’identité et fouille de tous les piétons et véhicules se rendant sur les lieux de la manifestation est rédigée. Les gendarmes contrôlent toutes les entrées du col et ont déployé 3 niveaux de barrage sur les routes. D’ailleurs il est également interdit de stationner au niveau du départ de la manif et sur la route qui y mène, si certain.es voulaient encore passer. Pour surveiller les piétons, deux hélicoptères sont également présents pendant toute la matinée. Au total, selon nos comptes, il y avait au moins 23 camions, plus quelques camionnettes, de gendarmes mobiles, et plusieurs équipages du PSIG impliqués dans le maintien de l’ordre de cette journée, soit environ 1 gendarme pour deux participant.es.

Malgré tout, quelques individu.es ont réussi à contourner les contrôles en coupant hors des sentiers battus. Ça n’a pas été la pratique de certaines orgas écolo qui avaient convenu d’un « consensus d’action » et demandé à leurs adhérent.es de collaborer volontairement à leur propre fichage.

Après un repas collectif sous les regards d’une importante brochette de policiers, quelques prises de paroles ont eu lieux de la part des organisateurices et leurs soutiens. On ne retiendra que la plus courte et pertinente d’entre elles (non pour vous éviter les affres de l’ennui que cette pratique ne manque pas d’occasionner, mais juste parce que ça serait un peu long) : « Les alpes ne peuvent pas accueillir toute la richesse du monde ».

« La clusaz, première station de sports d’hier »

Puis la manifestation commence. Assez rapidement, 3 agents du renseignements se font invectiver et éjecter gentiment de la manifestation. Nous nous sommes ensuite promenés dans les bois, pendant que le loup n’y était pas mais suivis par quelques gendarmes formant une triste procession à la suite d’une pancarte arborant la mention « bassines, non merci ! »

Pendant ce temps leurs collègues gardaient un tas de cailloux et nous ont offert l’occasion de découvrir un nouveau mème sur les problèmes et les solutions.

Puis la manifestation est repartie, toujours suivie par des policiers en rangs, vers une retenue collinaire déjà en place. Il y a environ 500 manifestant.es.

Après quelques prises de parole et l’arrivée du goûter, quelques personnes, bientôt suivies par d’autres décident de se disperser sur le pourtour de la piscine afin de mieux pouvoir l’admirer sous tout les angles.

Finalement, les flics se rendent compte que ces innocentes manoeuvres commencent à les mettre en danger d’être débordés et ils commencent à réagir avec plus d’empressement. Une personne est aspergée de gaz lacrymo à cette occasion.

Enfin, les manifestant.es se dispersent peu à peu en redescendant le chemin et les GM peuvent enfin se reposer dans leurs camions et songer à renter.

Sauf qu’en faite les manifestant.es leurs préparent une petite surprise, en bas du chemin. Iels ont construit une petite baricade en pierres et en bois couverte de bouse que les petits hommes bleus vont devoir déblayer avant de rentrer à leur caserne.

Ceci conclu cette journée et tout le monde rentra chez soir avec la satisfaction que l’argent de sa TVA était judicieusement dépensée.

PS : Il y a un appel à revenir à la Clusaz le troisième WE qui suivrait les début de travaux d’une nouvelle bassine pour mettre fin au chantier comme pour tout les autres chantiers de méga-bassine. « No Bassaran ! » comme disent les auteurs de cet appel.

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