lutte contre les accaparements de Bolloré

Des paysans en lutte contre les accaparements de Bolloré depuis 2011 en sierra Léone.
ce texte vient du blog de Baki Youssoufou, https://blog.wesign.it/ et a été publié le 25 octobre 2013

En Sierra Leone, en octobre 2013, cinq leaders d’une association et un député contestant les acquisitions de terre menées par la Socfin liée au groupe Bolloré ont été arrêtés et sont en attente d’un procès.
Les membres de la MALOA (Malen Affected Land Owners Association) ont été arrêtés tour à tour entre le 7 et le 16 octobre 2013 et détenus à Bo, la deuxième plus grande ville du pays, à 200 km de Freetown, la capitale de Sierra Leone. La SAC (Socfin Agricultural Company) détenue par la Socfin, une société luxembourgeoise dont le principal actionnaire contrôlant est le groupe Bolloré (qui détient 38,7% des parts) les accusent d’avoir détruit des plants de palmiers. Au vu de la faiblesse des preuves (un motard comme seul témoin visuel, et en pleine nuit d’après le témoignage de l’avocat recueilli par Mediapart), l’opération ressemble fort à une tentative d’intimidation et de répression.
Un cas manifeste d’accaparement des terres.

Les membres de la Maloa protestent en effet depuis plusieurs années contre la manière dont la Socfin s’est implantée sur 6500 ha de terres de la région de Malen en 2011 au détriment de 40 villages. Cette acquisition représente pour eux un cas d’ « accaparement des terres » rendu manifeste par le manque de consultation des acteurs clés, le manque de transparence dans le processus et la pression faite aux chefs et propriétaires terriens pour signer l’accord de cession. Selon la déclaration de la MALOA en octobre 2011, les autorités locales les « poussaient à appliquer leurs empreintes sur le document, leur répétant qu’ils perdraient leur terre même s’ils ne signaient pas ou s’ils n’acceptaient pas la compensation ». L’association a également décrit à plusieurs reprises les cas de corruption qui ont entouré le processus d’implantation de la SAC.
Le 5 juin 2013 ils s’étaient mobilisés avec les riverains des autres plantations industrielles détenues par la Socfin au Cameroun (Socapalm), en Côte d’Ivoire (SoGB) et au Libéria (SRC et LAC) tandis qu’une lettre signée par les représentants issus de ces différents pays étaient remise à Vincent Bolloré à l’occasion de l’assemblée générale du groupe (voir dossier de presse). « On cherche à nous faire taire, afin qu’on ne dise pas que Bolloré vole des terres. Nous sommes déterminés même si on sait que la Socfin continuera à faire pression et recourir à l’intimidation » explique le député local Shiaka Musa Sama, porte-parole de la Maloa poursuivi lui aussi.

Face aux abus des multinationales, on s’organise et on passe à l’action
À Paris, à Douala, à Casa, à Milan, à Lyon, à Grenoble, on est ensemble.

https://www.projet-react.org/fr/solidarite-avec-marcus-en-appel-le-21-septembre-prochain/*]

Le 3 juin 2016, une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant le siège du groupe Bolloré à Puteaux, pour interpeller les actionnaires du groupe sur l’occupation des terres par la Socfin au Cameroun, au Libéria, en Côte d’Ivoire, Sierra Leone, et Cambodge, et son refus de dialoguer avec les communautés locales qui exigent le respect de leurs droits aux abords des plantations de palme et d’hévéas.

Répondant à l’appel de l’Alliance internationale des riverains des plantations de Socfin-Bolloré, qui organisait de façon simultanée une série de rassemblements et de blocages aux abords des plantations dans les pays concernés, le rassemblement pacifique à Puteaux a permis de bloquer l’arrivée des actionnaires du groupe et de retarder l’AG, avant que les CRS ne délogent les militants allongés devant la Tour Bolloré, et que l’ensemble des participants ne décident de lever le blocage.

Après la dispersion de l’action, Marcus est interpellé par la police sans explication. 5 jours plus tard, le Tribunal correctionnel de Nanterre, dans le contexte répressif de l’Etat d’urgence et du large mouvement social contre la Loi Travail, retiendra contre lui les accusations d’outrage, rébellion, et refus de prélèvement d’ADN. Il sera condamné en première instance à une peine de 6 mois ferme sans mandat de dépôt.

Faisant appel de cette décision de justice, Marcus se rend à nouveau devant les tribunaux le jeudi 21 septembre . Souhaitant voir annulée cette décision injuste qui dessert la justice française et vise à priver notre camarade de sa liberté d’expression et de mouvement, le collectif de soutien à Marcus invite l’ensemble des personnes solidaires de Marcus à se rendre à Versailles le jeudi 21 septembre 2017 à 12h30 pour une marche de soutien du Château de Versailles jusqu’à la Cour d’appel de Versailles, ainsi qu’à contribuer au pot commun qui permettra de couvrir les frais de justice.

Lien cagnotte : https://www.lepotcommun.fr/pot/yvmb5mq2

Le mardi contre la françafrique organisé par Survie Isère le 9 janvier 2018 à la MNEI, sera consacré au Cameroun. Eloïse Maulet, organisatrice internationale au sein de l’association ReAct (Réseaux pour l’action transnationale), et responsable de la campagne contre les accaparements de terres par le groupe Bolloré et Socfin sera des nôtres ce soir là. Le ReAct s’appuie sur des outils du community organizing pour renforcer le pouvoir des acteurs affectés par des multinationales et s’organiser à l’échelle internationale pour lutter contre leurs abus. Eloïse nous parlera dans ce cadre des différents niveaux de travail du ReAct, en local avec les communautés locales, les travailleurs et sur l’alliance internationale des riverains des plantations de palmiers à huile et d’hévéas de Socfin/Bolloré.

mardi 9 janvier 2018

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