Racisme dans les arts : Lipanda Manifesto, tribune des 343 racisé·e·s

Publié le 28 avr. 2019 sur le blog des invités de Mediapart

Le 25 mars 2019, suite à une pratique de blackface dans le cadre du festival Les Dionysies à la Sorbonne, des militant·e·s antiracistes ont empêché la représentation du spectacle des Suppliantes mis en scène par Philippe Brunet. Spectacle dans lequel les comédiennes à la peau blanche interprétant les Danaïdes étaient grimées en noir et portaient des masques cuivrés pour jouer le rôle du choeur d’Égyptiennes. On pourrait s’étonner qu’en 2019 il faille encore interpeller, négocier, appeler au boycott, puis protester physiquement contre ce genre de pratique. Et pourtant. Le 11 avril, à l’initiative du Théâtre du Soleil, est relayée une tribune prenant la défense de ce spectacle au nom de la « liberté de création », avec parmi ses signataires beaucoup de grands noms du spectacle vivant.

Les médias se sont formidablement illustrés ces derniers temps comme vitrine des arguments pleurnichards de réactionnaires blancs bourgeois, qui persistent à faire la sourde oreille et aller à l’encontre des revendications féministes et antiracistes, tout en faisant leur pain sur les systèmes de privilèges. On se souvient de la tribune des 100 femmes défendant la « liberté d’importuner ». Cette fois-ci, c’est à la « liberté de création » que s’accrochent misérablement les arguments de la tribune prétendument pour Eschyle.

Personne n’est libre tant que d’autres personnes sont opprimées. C’est ce dont parle Audre Lorde en 1981 dans son discours L’Utilité de la colère : les femmes répondent au racisme*. Liberté d’importuner, liberté de création, liberté d’expression : génération je fais ce que je veux, quand je veux, comme je veux, et personne n’a le droit de me contredire. Mais quelle est cette liberté qui s’appuie sur le dos de celle.ux qui n’en disposent pas ? On pourrait croire à une mauvaise farce tant ça devient redondant, et pourtant.

Et pourtant aujourd’hui encore, le monde de l’art et de la culture française s’assoit sur les revendications des personnes racisées.

Aujourd’hui, nous sommes outré·e·s, mais surtout fatigué·e·s. Nous n’avons pas l’énergie de vous rappeler que la censure est un outil d’Etat, et non pas le fait de quelques militant·e·s usant de leur droit à la protestation et à l’insurrection face à des représentations négrophobes et racistes.

Nous sommes épuisé·e·s de dire que la tentative d’inversion des responsabilités qui consiste à transformer l’action légitime des militants en « grave agression » est une pratique bien rodée des instances de pouvoir. Et au cas où, la militante britannique Munroe Bergdorf nous le rappelle : « Drawing attention to a social divide is not the same thing as creating one. Activists are often considered to be divisive or troublemakers by those who have become accustomed to the privileges that social divides provide them. »**

Aujourd’hui, nous sommes lassé·e·s de devoir constamment démonter vos hypocrisies : non, pour nous, personnes racisé·e·s, le théâtre n’est pas le « lieu de la métamorphose » pour nous, lorsque nous sommes constamment empêché·e·s de créer par les mécanismes discriminatoires et éliminatoires de ce milieu.

Oui, nos identités sont des cloîtres, lorsque, montant sur un plateau, nos corps sont des objets exotiques venant d’ailleurs. Non, nous ne pouvons pas créer librement, lorsque l’on nous dénie la possibilité d’être neutre, et que nous sommes perpétuellement et violemment renvoyé·es à la réalité de notre racisation par le système. Oui, le théâtre est « refuge des identités » : lorsque nos scènes françaises sont occupées majoritairement par des spectacles créés par des hommes blancs, avec des hommes blancs, regardés, critiqués ou acclamés par d’autres hommes blancs, on peut clairement parler de communautarisme. Une communauté qui ne se dit, ni ne se voit comme telle, et qui pourtant, monopolise nos scènes, nos récits, et verrouillent les portes à toutes celleux qui n’appartiennent pas à leur monde.

Aujourd’hui, nous sommes usé·e·s de constater que ce théâtre est celui de privilégié·es, où s’amuser à singer « l’Autre » est un loisir, tout en retirant à cet “autre” son droit légitime — si ce n’est son devoir — de s’insurger contre le spectacle de son identité tournée en mascarade. Ce même théâtre qui se proclame « intellectuel, humaniste, helléniste ». Un théâtre qui a le culot de croire, et de se faire croire, que la culture blanche bourgeoise est universelle. Qu’elle touche à ce qu’il y a de commun en chaque être humain. Mais comment n’avez-vous pas remarqué que vos salles de théâtres étaient si vides de diversité ? Se peut-il sérieusement que vous persistiez à ne pas voir que votre théâtre n’intéresse que celles et ceux à qui il ressemble, cell.eux qui y sont représentés, celle.eux qui peuvent s’y identifier ? Qui sont les citoyen·nes que vous prétendez servir ?

Aujourd’hui, nous sommes harassé·e·s de dire cela : une liberté qui se construit sur l’exercice permanent et structurel de notre silenciation, de notre domination et de notre invisibilisation, n’en est pas une. Parce qu’une liberté de création qui appuie son exercice sur la domination d’autrui est une liberté dévoyée, coupable, de mauvaise foi, et irresponsable, qui ne trompe personne sauf ses propres complices.

Aujourd’hui, votre désir absolu de ne pas être remis en question et votre impunité nous sont insupportables.

Et enfin, aujourd’hui, nous ne réexpliquerons pas pourquoi le blackface est, et sera toujours, un acte éminemment raciste : cela a déjà été fait, et vous avez choisi de ne pas écouter.

Pourtant nous devons réagir.

Car vous,

qui prônez un théâtre populaire,

qui cherchez désespérément à amener de la « diversité » dans vos théâtres subventionnés,

que le pouvoir et la parole ont affalés dans vos positions mortifères,

qui pensez pouvoir écrire impunément nos propres récits,

vous ne nous laissez pas le choix.

Mais nous,

Nous les indigné·es,

Nous les offensé·es,

Nous les terroristes,

Nous les mal-baisées,

Nous les hystériques,

Nous les obsédé·es,

Nous les résistant·es,

Nous les “fascisant·es”,

Nous les petits noms,

Nous les sans-pouvoir,

Nous les étudiant·es,

Nous les déviant·es,

Nous les défiant·es,

Nous les damné·es de la terre,

Nous les racisé·es, debout avec nos allié·es,

Aujourd’hui, dimanche 28 avril, nous refusons de nous laisser marcher dessus. Nous affirmons notre liberté et notre indépendance de pensée et de création, et déclarons par la présente la mort de votre monde raciste et colonialiste.

Cher·es signataires de la tribune “Pour Eschyle”, bonjour à tous·tes. Dans votre monde en décrépitude, nous n’existerions pas : il faudrait alors nous singer, nous grimer, nous imiter ? Bien le bonjour ! NOUS EXISTONS, dans votre monde et ailleurs, et nous sommes là pour DIRE NON.

Nous ne nous tairons pas. Il est temps pour vous de vous taire. Il est temps pour nous de parler.

Nous ne sommes pas vos nègre·sses de maison. Nous ne nous assimilerons pas.

Nous ne vous laisserons pas raconter notre monde, ni dicter nos lois.

Nous vous reprendrons l’histoire que vous avez écrite à notre place, la réécrivant à notre tour.

Nous résisterons, écrirons, penserons, jouerons, mettrons en scène, peindrons, et comme dit Gontran-Damas,

« nous les peu

nous les gueux

nous les riens

nous les chiens

nous les maigres

nous les nègres

qu’attendons-nous ?

qu’attendons-nous

pour jouer aux fous

pisser un coup

tout à l’envi

contre la vie

stupide et bête

qui nous est faite ? »

Nous n’attendrons plus. Nous sommes debout, et nous visibiliserons, acclamerons, célèbrerons, critiquerons, déconstruirons, reconstruirons. Car nous ne sommes pas vos enfants. Nous sommes là pour la véritable transformation de ce système classiste, raciste, sexiste, transphobe et validiste. Et ceci est un acte de création.

Face au mépris de celleux qui nous crachent dessus sans scrupules, nous appelons toutes les personnes racisé.es et toutes les personnes allié·es de la cause antiraciste à signer cette tribune.

NOTES

* : “No woman is free while any woman is unfree.”, dans son discours “The Uses of Anger : Women Responding to Racism”, prononcé en 1981 à la National Women’s Studies Association Conference, Storrs, Connecticut.

** : “Attirer l’attention sur une division sociale n’est pas en créer une. Les activistes sont souvent considéré·es comme divisant ou des semant le trouble par celleux qui se sont habitué·es aux privilèges que les divisions sociales leur permet.”

Les 343 racisé.e.s et leurs soutiens :

L’appel à signature est toujours ouvert sur 343racise.e.s@protonmail.com

Fatem-Zahra Abid, étudiante en relations internationales, militante féministe décoloniale

Aminata Abdoulaye Hama, comédienne

Gia Abrassart, journaliste décoloniale, Café Congo

Priscilla Adade, actrice, productrice et féministe

Fabien Aïssa-Busetta, comédien et metteur en scène

Adèle Aïssi-Guyon, étudiante en littérature postcoloniale à l’École Normale Supérieure (ENS) de Lyon

Alex Allaire, cuisinière

Jason Allen-Paisant, chercheur postdoctoral, Université de Leeds, Royaume-Uni

Jean-Malik Amara, étudiant au Conservatoire d’art dramatique de Lyon

Juliette Armantier, étudiante en cinéma-audiovisuel, Sorbonne nouvelle Paris 3

Martha AsunciónAlonso,poète, docteure en littératures francophones, traductrice et militante féministe

Louis Autin,ATER de latin et doctorant en Lettres classiques à l’Université Grenoble Alpes.

Ari De B, danseuse militante

Loubna B, réalisatrice de podcasts

Sidi B, artiste performiste, graphiste et antiraciste

Maïna Ba, étudiante de l’Institut national des langues et des civilisations orientales (Inalco)

Paola Bacchetta, professeure, University of California, Berkeley

Marine Bachelot-Nguyen, autrice et metteuse en scène

Marouane Bakhti, étudiant en Design

Naïan Baron, étudiant en architecture et co-président de l’association Marsha

Marie Barriol, danseuse

Gabin Bastard,élève au Conservatoire d’art dramatique de Lyon

Chloé Bégou, metteuse en scène, comédienne

Charly Bellanger, étudiant concepteur costume à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et Techniques du Théâtre (ENSATT)

Renda Belmallem, étudiante à l’EHESS, membre de la Fracas·se, militante écologiste féministe décoloniale

Ruth Noemi Bendel, étudiante en journalisme et militante afroféministe

Doum Belarbi

Mara Berg, militante féministe, étudiante en sociologie

Mélissa Bertrand, doctorante en théâtre, jeune autrice-metteuse en scène

Adèle Beuchot-Costet, étudiante en master théâtre à Nanterre

Béatrice Bienville, autrice

Oana Bonnaud-Cartillier, étudiante en Master à l’école du Louvre

Pascale Bongiovanni, concepteur lumière, régisseuse général

Lila Boses, étudiante en arts du spectacle et militante féministe.

Amine Boudelaa, élève-comédien du Théâtre National de Strasbourg

Élodie Boutitie, étudiante à Sciences Po Lille

Sonia Boutitie, étudiante à Sciences Po Bordeaux

O. Boulanouar,personne militante concernée par de multiples discriminations

Lisa Bouvy, étudiante en Arts du spectacle à l’Université Paris VIII, militante féministe

Alice Braye, gestionnaire culturelle

Marouane Bakhti, étudiant en Design

Fanny Brûlé-Kopp, étudiante au Conservatoire Royal de Mons

Lili Buvat, danseuse performeuse et étudiante en master Danse à Paris 8

Casey, rappeuse

Sibylle Cabello, éclairagiste

Marcos Caramés-Blanco, étudiant du département écrivain·e dramaturge de l’ENSATT

Clémentine Carlion, étudiante à Sciences Po Grenoble

Amandine Cartaud, étudiante en arts de la scène à l’Université Vincennes-Saint Denis-Paris 8O

Leïla Cassar, étudiante dans le département écrivain·e dramaturge de l’ENSATT

Léa Castera, étudiante à Sciences Po Bordeaux

Léonie Casthel, écrivaine de théâtre

Fély Catan,étudiante

Astrid Chabrat-Kajdan, doctorante en études théâtrales à l’Université Lyon 2

Sylvie Chalaye, anthropologue des représentations coloniales et historienne du spectacle. Directrice du laboratoire « Scènes francophones et écritures de l’altérité »/ Sorbonne Nouvelle

Marie-Julie Chalu, comédienne et autrice

Camille Charrière, comédien

Cécile Cayrel

Ronan Chéneau, auteur

Sophie Claret, comédienne étudiante à l’ERACM

Julie Clugéry

Guillaume Cingal, maître de conférences en Littératures et traduction anglophones / Afrique & postcolonialités Université de Tours

Solène Cizeron, comédienne

Matthias Claeys, auteur et metteur en scène

Bérénice Cloteaux-Foucault, rédactrice en cheffe adjointe de Manifesto

Elise Cochet, étudiante à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

Annabelle Colas, administratrice culturelle spécialisée spectacle vivant

Mia Collins, étudiante à la Cinéfabrique

Arthur Colombet, comédien

Maud Cosset-Chéneau, comédienne

Nathalie Coutelet, Université Paris 8

Antonio Cuenca Ruiz, dramaturge

Jérémy Da Costa, traducteur indépendant queer

Marilou Craft, autrice et dramaturge, Montréal

Guillemette Crémèse, étudiante

Gerty Dambury, autrice et metteure en scène, Guadeloupe

Sorour Darabi, chorégraphe-danseur

Alexia Dedieu, doctorante en Lettres classiques sur la réception du théâtre antique, université Grenoble Alpes

Marthe Degaille, étudiante au Conservatoire Royal de Liège (ESACT) et autrice

Emilie Denaud, étudiante en philosophie

Lucie Demange, étudiante à la Cinéfabrique

Lisa Derlin, étudiante en sciences de l’éducation et éducation spécialisée à l’université Toulouse Jean Jaurès

Rhodnie Désir, chorégraphe, directrice artistique de RD Créations (Canada), productrice exécutive du BOW’TTRAIL (projet numérique qui valorise les mouvements de résistance des communautés afrodescendantes dans les Amériques)

Marie Devroux, comédienne, metteuse en scène

Nino Djerbir, comédien

Paul Didge, étudiant en recherche théâtrale et chercheur en ethnologie

Salomé Diénis Meulien, comédienne issue du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD)

Flora Diguet, actrice et metteuse en scène

Penda Diouf, autrice, co-fondatrice de Jeunes textes en liberté

Idris Ditto

Dhouda Djerbi, étudiante à American University of Paris

Guillaume Douat, étudiant du Conservatoire d’art dramatique de Lyon

Eva Doumbia, metteuse en scène et autrice

Rodolphe Doublet

Raphaëlle Doyon, Maîtresse de conférences, Département Théâtre, Université Paris VIII

Annia Drawing, artiste peintresse afroféministe

Thomas Ducurdoy, comédien

Justine Dumazert, étudiante en lettres

Juliette Duval, étudiante

Léa Duval, étudiante

Gilla Ebelle

Betthy Ebengou, infirmière

Vinciane Ebengou, étudiant·e du Conservatoire d’art dramatique de Lyon, autrice, militante afroféministe

Sacha El, étudiant·e en études politiques

Jaonasy Eloicka, étudiante-entrepreneure BTP

Véronique Essaka-De Kerpel, autrice, metteure en scène, comédienne

Lou Eve, étudiante à Science po Lyon et à l’ens de Lyon

Ilonah Fagotin, étudiante en études théâtrales, metteuse en scène et musicienne

Mélodie Faury, chercheuse en sciences-société / sciences de l’information et de la communication – Université Strasbourg

Lucas Faulong, étudiant comédien à la Manufacture de Lausanne

Eddy Firmin, artiste plasticien

Cécilia Galléa, comédienne

Héloïse Gaubert, étudiante du Conservatoire d’art dramatique de Lyon département théâtre

Amandine Gay, réalisatrice

Léna Génin, comédienne

Olivia “Ubika” Gerstman Hardy, activiste, poète et musicienne

Nangaline Gomis, danseuse

Aly Gouchène, producteur, régisseur du son, militant queer decolonial

Inès Gouchène, violoniste

Audrey Gourjon,salariée consultante en innovation

Annette Gravier, étudiante à Science Po Bordeaux et à l’ENS de Lyon

Mikaël Gravier, élève de l’École supérieure d’art dramatique de Paris (ESAD)

Clara Greth, étudiante en théâtre

Lucie Grunstein, comédienne

Line Guellati,comédienne et metteuse en scène, Bruxelles

Mohamed Guellati, comédien, metteur en scène, auteur

Nacira Guénif, descendante d’indigènes, professeure à l’université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis, vice-présidente de l’institut des Cultures d’Islam

Flávia Hiroki, comédienne, étudiante en recherche théâtrale à l’université Paris 8

Marco Hollinger, étudiant régisseur au Théâtre National de Strasbourg

Alistair Houdayer, comédien et auteur

Hélène Jacquel, autrice et étudiante à l’ENSATT

Yaël Jestin, mec trans féministe, activiste queer

Clara Jolfre, comédienne et metteuse en scène

Elisa Joualland, étudiante en Arts du Spectacle, Université Lyon 2

Jean Joudé, acteur et metteur en scène

Pablo Jupin, comédien

Lola Kinks, étudiante, performeuse vidéaste

Afi Kodjobi Tchoukpa, peintre illustratrice

Prescillia Kouame Amany, comédienne

Sacha Kratz, model agent

Koffi Kwahulé, écrivain

Chloé Laabab, élève-comédienne à l’école de la Comédie de Saint-Etienne

Zoé Labarrère, étudiante à Sciences Po Bordeaux

Aminata Labor, artiste et performeuse

Guillaume Lambert, auteur-metteur en scène

Sophie Marie Larrouy, comédienne

Mélissa Laveaux,auteure-compositrice-interprète, guitariste, conteuse

Jalil Leclaire, comédien, metteur en scène, membre de l’association Décoloniser les arts

Lucie Leclerc, comédienne et metteurE en scène

Kaen Lee, étudiant en ingénierie et production sonore, militant décolonial

Tamara Lipszyc, comédienne étudiante à l’ERACM

Marlène Lokosha, militante afroféministe

Po B. K. Lomami, travailleur·se culturel·le, artiste et activiste à Montréal (CA) et Mons (BE)

Fabien Magry, comédien

Arnaud Maïsetti, auteur, dramaturge, maître de conférences en arts de la scène Aix-Marseille Université

Noémie Makota, comédienne

Marie-Dolores Malpel, conseillère pédagogique théâtre du CRD de pantin et de la classe prépa’93 égalité des chances

Anaïs Malvezin, étudiante en école d’art

Romain Mas, comédien

Arnaud Mathey, comédien

Martine Maximin,comédienne

Hicham Mazouz, professeur invité, Emory university (USA)

Ira Menin, musicienne, compositrice, technicienne studio

Coline Merlo-Blanc, critique

Nathyfa Michel, photographe

Ulrica Mons

Olga Mouak, comédienne

Marina Monmirel, comédienne et militante décoloniale

Mara Montanaro, chercheuse associée LEGS/CNRS/UMR 8238 – Université Paris 8 (Département d’études de genre), chargé de cours en Philosophie, Université Paris 8 et Université Paris Descartes

Yves Mintoogue, Doctorant en science politique, université Paris 1

Galla Naccache-Gauthier, étudiante au Conservatoire d’art dramatique de Lyon

Charbel Nader

Estel N’Khaly, étudiante en littérature et sociologie à l’ENS, militante féministe aux Salopettes et écologiste

Jade Norindr, étudiante en histoire de l’art à l’Université Paris-Nanterre

Romain Nicolas, écrivain pour le théâtre

Gaïa Oliarj-Inès, étudiante au Conservatoire d’art dramatique de Lyon

Sophie Paladines, comédienne

Blandine Pélissier, metteuse en scène, traductrice

Romane Périssé, étudiante en histoire à Paris 1

Sophie Peroy-Gay, étudiante en sociologie et études de genre àl’EHESS

Eve Marie Perrin, étudiante en médecine à Lausanne

Anaïs Pinay, étudiante en recherche théâtrale, comédienne, militante afroféministe

Lucas Plisson

Maroussia Pourpoint, comédienne et metteure en scène

Cerise Praxy, administratrice de production

Estelle Prudent, artiste queer racisée

Lorie-Joy Ramanaïdou, étudiante à l’ESACT, comédienne, militante décoloniale

Pauline Raineri, chorégraphe et danseuse

Anna Raisson, comédienne, metteuse en scène et militante

Julien Ribeiro, curateur et directeur de Gemini’s Tears, Laboratoire Corps & Médias

Anna Rinzo, étudiante et costumière

Quentin Rioual, doctorant en études théâtrales à Paris Nanterre

Joyce Rivière, écrivaine

Raoul Riva, danseur contemporain

Marina Rollman, Humoriste

Mrs Roots, blogueuse et auteure afroféministe

Julie Rossello Rochet, autrice dramatique, doctorante

Adeline Rosenstein, metteuse en scène

Pauline Rousseau, doctorante à l’université Lyon 2, co-metteuse en scène de la Cie Waninga et de L’Inverso-Collectif

Fyrial Rousselbin, danseuse contemporaine racisée

Laurie Rousseville, doctorante en études théâtrales, Université Lyon 2

Corentin Rostollan-Sinet, dramaturge, doctorant·e en études théâtrales

Inyange Rurangwa, comédienne en devenir en provenance du Rwanda, coincée en Belgique

Louise Rustan, étudiante conceptrice lumière à l’ENSATT

Marie-Claude Saint-Laurent, comédienne, autrice et codirectrice du Théâtre de l’Affamée, Montréal

Alpha Saliou Diallo, rédacteur

Joelle Sambi Nzeba, autrice, poétesse et slameuse

Lucas Samouth

Maria Scherf, spectatrice

Mathilde Segonds, étudiante dans le département écrivain·e dramaturge de l’ENSATT

Camille Seitz, étudiante-comédienne à l’ENSATT

Frederico Semedo, comédien

Monica Shungu, étudiant·e en arts du spectacle, militant·e afroféministe

Emmanuelle Sirois, Research Affiliate, New York University

Jan Siutkowski, élève au Conservatoire Royal de Liège

Maboula Soumahoro, maîtresse de conférences, présidente Black History Month

Olivia Stainier,comédienne, étudiante à l’ESACT

Cynthia Saint-Fleur, actrice, scénariste, réalisatrice, metteur en scène, militante, référence de la commission diversité de l’Actrices et Acteurs de France Associés (AAFA)

Laura de Salas, médecin généraliste, co-présidente de l’association Marsha

Marlène Sambugaro,médiatrice culturelle, Rennes

Ayden Savarimouttou, écrivain, artiste trans racisé

Délima Sogny,étudiante en arts de la scène à l’Université Paris 8

Maboula Soumahoro, maîtresse de conférences, présidente Black History Month

Dinaïg Stall, professeure à l’École Supérieure de Théâtre (Université du Québec À Montréal)

Souleymane Sylla, comédien

Tony Tan, artiste queer racisé

Aristide Tarnagda, auteur, dramaturge, comédien

Mahaut Taudière, étudiante à Paris 8, secteur arts vivants

Stella Tiendrebeogo, Psychologue

Louis-Georges Tin, président d’honneur du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN)

Hugo Titem-Delaveau, étudiant au Conservatoire d’art dramatique de Lyon

Anna Tjé, artiste, doctorante en études théâtrales, militante

Emma Tomek,étudiante aux beaux-arts de Valence

Ghyslain Vedeux, président du CRAN

Françoise Vergès, politologue, auteure, militante féministe antiraciste

Garance Valet, étudiante à L’ESACT et metteuse en scène

Doris Varichon, étudiante-chercheuse à Lyon 2 en histoire des femmes et du genre

Malou Vigier, metteuse en scène et comédienne

Chloé Vos, costumière

Sylvain Wavrant, artiste

Waka, fondatrice de Baham Arts

Melissa Windal

Lorraine Wiss, doctorante en études théâtrales à l’Université Lyon 2

Pé-Seng Yang, artiste, étudiant aux Beaux Arts de Paris

Yolande Yanganju, danseuse

Norah Zrika, étudiante en théâtre au Conservatoire Royal de Mons

COLLECTIFS/ PLATEFORME/MEDIAS :

Atayé,plateforme et revue littéraire et artistique à contre-courant

Collectif Afro-Swissde Genève

Amnghi, collectif d’entraide queer franco-marocain

Association des étudiant·e·s afro-descendant·e·s de l’unil-epfl, Suisse

Collectif l’AntiAutruche, collectif féministe de l’ENSATT

Bon Chic Bon Genre, association féministe et LGBT+ de Sciences Po Lille

CAD, Collectif Asiatique Décolonial

Collectif Le Chalet, Collectif queer et décolonial

Projets Hybris, collectif de création queer et féministe, Montréal

CRAAP, Collectif de Réflexions, Analyses et Actions Postcoloniales

Collectif Des Raciné·e·s, collectif féministe, queer et décolonial

Fracas·se, collectif féministe de l’EHESS

Collectif Hippoqueer, collectif LGBTI+ de Sciences Po Lyon

Collectif Khamsa, collectif féministe nord-africain

Association Décoloniser les Arts

Association Makeda Saba, association pour la valorisation des femmes et de l’enfant africain.e.s

Rédaction de Manifesto XXI

NDATE collective,collectif décolonial afroféministe, Paris VIII

La Nouvelle Voie Anticoloniale, collecif antiraciste

Collectif Pamplemousse, collectif féministe de Sciences Po Lyon

Personæ of Color, collectif AfroQueer et décolonial

La Poudre, podcast de Nouvelles Écoutes

Les Salopettes, collectif féministe de l’ENS

Les Sales Races, collectif décolonial, féministe et antiraciste

Sawtche– collectif afroféministe

Support Your Local Girl Gang, collectif féminin non-binaire, queer, pluri & transdisciplinaire

Cette tribune est écrite en réponse à :

https://www.fabula.org/actualites/pour-eschyle-tribune-l-39-initiative-du-the-tre-du-soleil_90460.php?fbclid=IwAR2y8bu8IXUbuJLaAP0c11hD6-HqGcNf024RqU-zXcVxpMb7zTMzQ6hhnyU

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